MaWi., XVI. IS. - 3. r. Sup., pag. 203 el
REFLEXIONS SUR UN ECRIT DE M. CLAUDE
que M. Claude conclut avec moi', «■ que le minis- » tère ecclésiastique durera, sans discontinuer, jus- » qu'à la résurrection générale; » et qu'il avoue sans peine que cette promesse de Jésus-Christ : Je serai toujours avec rous^, regarde la perpétuité du ministère ecclésiastique. « Jésus-Ctirist promet, » dit-il , d'être avec l'Eglise, de baptiser avec elle, » et d'exseigner avec elle , sans interruption, jus- » qu'a la fin du monde. » Il y aura donc toujours des docteurs avec lesquels Jésus-Christ enseignera, et la vraie prédication ne cessera jamais dans son Eglise. Mais ce ministère durera-t-il toujours si pur, que personne n'y soit admis que des gens de bien"? Nous avons vu que M. Claude ne le prétend pas. En etret, il n'y a point de promesse de cette perpétuelle pureté : la promesse est que, quelles que soient les mœurs de ces ministres, Jésus-Christ agira toujours, baptisera toujours, enseignera toujours avec eux; et l'effet de ce ministère, quoique mêlé, sera tel, que sous son autorité » l'Eglise sera toujours » visible, non pas à la vérité, dit M. Claude, d'une • vue distincte , qui aille jusqu'à dire avec certi- » tude : Tels et tels personnellement sont vrais i » fidèles; mais d'une vue indistincte, qui est pour- » tant certaine, et qui va jusqu'à dire : Les vrais » fidèles de Jésus-Christ sont là, savoir, dans cette
» PROFESSION extérieure. )>
N'appelons pas, si l'on veut, du nom d'Eglise toute cette profession extérieure : abstenons-nous de ce nom , puisque M. Claude y répugne; et comme de vrais chrétiens raisonnables et paciûques, tâchons de convenir de la chose. Celte profession exte'rieure, qu'on peut toujours désigner, et, pour ainsi dire, montrer au doigt, est mêlée de bons et de mauvais; le ministère qui la gouverne est mêlé aussi. M. Claude convient de tout cela : on peut dire néanmoins : Sous ce ministère et dans celte ; profession extérieure sont les trais fidèles : c'est ce que nous venons d'entendre de la bouche du même ministre. Si donc, selon sa doctrine , la société des vrais fidèles subsiste toujours, et toujours demeure visible sur la terre; si on la peut toujours montrer dans une profession extérieure, et que ce soit là seulement qu'elle soit visible, comme M. Claude le ! dit, il s'ensuit non -seulement que les vrais fidèles [ seront toujours sur la terre , mais que cette profession mêlée de bons et de mauvais, où on trouve ces vrais fidèles, où on les montre, où on les désigne, sera toujours; aussi c'est de quoi nous convenons avec M. Claude. Mais comme tous ces passages sont dispersés deçà et delà dans sa Réponse, en voici un où il a pris soin de tout ramasser.
C'est après sa quatrième question , et dans sa septième conséquence , que ce ministre tâchant d'expliquer l'article xxxi de la Confession de foi , où il est dit que de nos jours , et avant la Reformation, l'état de l'Eglise était interrompu ; il distingue l'état de l'Eglise , interrompu pour un temps , d'avec l'Eglise, qui'jamais n'est interrompue, selon ses principes, et il définit ainsi l'Eglise : « L'Eglise, » dit-il , c'est les vrais fidèles qui font profession de » la vérité chrétienne, de la piété, et d'une véri- » table sainteté, sous un ministère qui lui fournit » les aliments nécessaires pour la vie spirituelle, ' sans lui en soustraire aucun. » Nous décuuvri-