I. V. Sup., pag.2ûi. — 2. .1/ti((A. , xxviu
I rons en son lieu le secret de ces aliments spirituels. I En attendant, convenons avec M. Claude, que l'Eglise subsiste toujours , et subsiste toujours visible, puisque par sa définition elle n'est autre chose « que les vrais fidèles qui font profession de 1) LA vérité chrétienne SOUS le ministère ecclésias- » tique. 1) Voilà un fondement inébranlable. Voyons ce que nous pourrons bâtir dessus; mais avant que de bâtir, nous allons voir tomber les objections.
Douzième réflexion : Deux principales objections de M. Claude, résolues par sa doctrine. — M. Claude m'objecte premièrement qu'en vain je veux établir ma société composée de bons et de mauvais, et son éternelle durée , sur ces promesses inviolables de Jésus-Christ : Tu es Pierre ; et ; Je suis toujours axec vous. Ce n'est point, dit-il', des méchants qu'il peut être dit, que l'enfer ne prévaudra point contre eux; ce n'est point avec des méchants et des hypocrites que Jésus-Christ a promis d'être toujours; et ces promesses ne regardent que les vrais fidèles. Ajoutons, selon les principes de M. Claude, que si ces promesses ne regardent que les vrais fidèles, elles les regardent du moins dans ce ministère et dans cette profession extérieure : l'objection en même temps sera résolue. Car enfin , si les vrais fidèles doivent toujours être démontrés et toujours être visibles, selon M. Claude, dans cette profession extérieure , où les bons sont mêlés avec les méchants; il s'ensuit que ce composé , de quelque nom qu'on l'appelle, paraîtra toujours sur la terre. Or nul ne peut s'assurer qu'une société subsiste toujours, et toujours dans un état visible, si Dieu ne l'a promis. Ses promesses regardent donc même ce mélange ; et non-seulement les vrais fidèles, mais avec eux toute la société où ils doivent, selon ses décrets, toujours paraître. Par conséquent, il nous faut entendre ces promesses de Jésus-Christ autrement que il. Claude ne les enseigne. Les promesses de Jésus-Christ ne regardent pas les méchants tout seuls , ni pour l'amour d'eux : s'il ne disait que cela, il aurait raison; mais ces promesses , que Jésus-Christ fait à ses fidèles , enferment aussi les méchants qui sont mêlés avec eux. Quand Dieu promettait par ses prophètes à l'ancien peuple de lui donner des moissons abondantes, avec le grain il promettait aussi la paille; et conserver la moisson, c'est conserver la paille avec le grain. Ainsi promettre l'Eglise et son éternelle durée , c'est promettre, avec les élus, les méchants, au milieu desquels Dieu les enferme. Les méchants même dans l'Eglise sont pour les justes , comme la paille dans la moisson est pour le grain; et comme Dieu ne promet la paille ni seule ni pour elle-même, il ne promet les méchants ni seuls ni pour euxmêmes. Mais néanmoins, tout ce composé subsistera, en vertu de la promesse divine, jusqu'à la dernière séparation, où les méchants, comme la paille, seront jetés dans ce feu qui ne s'éteindra jamais. Jésus-Christ sera toujours, en attendant, avec tout le composé , y conservant dans tout le dehors la saine doctrine qu'il sait porter au dedans jusque dans le cœur de ceux qui vivent; de même que la nourriture , présentée à tout notre corps par la même voie, ne vivifie que les membres qui sont disposés à la recevoir.