Coriséq. 10. — 2. Joari., xx 21. — 3. TH., i. 5, eic
RÉFLEXIONS SUR UN ECRIT DE M. CLAUDE
glise. Sans doute, il apparlienl à l'Eglise, comme les yeux apparliennenl au corps. Le ministère n'est pas à lui-môme, non plus que les yeux. Le ministère est établi pour être la lumière de l'Eglise, comme les yeux sont la lumière, ou, comme les appelle Jésus-Christ, le flambeau du corps. S'ensuit-il que, lorsque le corps a perdu ses yeux, il puisse les refaire de lui-môme? Non sans doute; il aura besoin de la main qui les a faits la première fois; et il n'y aura jamais qu'une nouvelle création qui puisse réparer rou\Tage que la première créalion avait formé. De cette sorte , si l'Eglise catholique pouvait, comme on a voulu se l'imaginer dans la nouvelle Réforme, perdre tout d'un coup tous ses ministres, sans qu'ils se fussent donné selon l'ordre de Jésus-Christ des successeurs , il faudrait que Jésus-Christ revint sur la terre pour rétablir cet ordre sacré par une création nouvelle.
On veut bien trouver dans le sein de l'Eglise romaine ces vrais fidèles dont on compose d'abord l'Eglise réformée : pourquoi ne voudra-t-on pas détacher de même les pasteurs de cette Eglise réformée, des pasteurs qui étaient en charge dans l'Eglise romaine? Le ministère doit être mêlé comme le peuple, et il doit y avoir toujours de bons pasteurs parmi les mauvais, comme il y a toujours de vrais fidèles parmi les faux chrétiens. Pourquoi donc a-t-il fallu dire dans la nouvelle Réforme, et dans l'article xxxi de sa Confession de foi, que l'ctat de l'Eglise était interrompu ? Pourquoi a-t-il fallu avoir recours à ces gens exlraordinairement suscite's pour dresser de nouveau l'Eglise qui était en ruine et désolation ? C'est qu'il a fallu parler, non pas selon ce qui se devait faire dans l'ordre établi par Jésus-Christ, mais selon ce qui s'est fait contre tout ordre. C'est que la nouvelle Réforme s'est fait des pasteurs, qui, en effet, ne tenaient rien des pasteurs qui étaient en charge auparavant; et c'est pourquoi il a bien fallu , malgré qu'on en eût; leur attribuer, quoique sans preuve, une vocation extraordinaire. Mais, au fond, la raison voulait autre chose : et pourquoi n'a-t-on pas parlé suivant la raison, si ce n'est, encore une fois, qu'il a fallu accommoder, non pas ce qui se faisait à la règle, mais la règle à ce qui s'est fait?
Mais, dira-t-on , si quelque Eglise, par exemple l'Eglise grecque , nous montre la succession de ses pasteurs, la liendrez-vous vraie Eglise? Nullement, si j'y puis montrer d'autres marques d'innovation qu'elle ne puisse nier; comme je ferais sans beaucoup de peine, s'il en était question. Mais avec nos réformés, la preuve est faite, puisqu'ils confessent eux-mêmes l'interruption dont il s'agit.
M. Claude pallie, comme il peut, cet état interrompu de l'Eglise, reconnu si précisément dans sa Confession de foi. « Nous distinguons, dit-il', » l'Eglise d'avec son état. L'Eglise , ce sont les » vrais fidèles qui font profession de la vérité chré- » tienne, de la piété et d'une véritable sainteté sous » un ministère qui lui fournit les aliments néces- » saires pour la vie spirituelle sans lui en soustraire » aucun. Son état naturel et légitime est d'être dé- » chargée, autant que la condition de militante le » peut permettre, du mélange impur des profanes » et des mondains ; de n'être point couverte et