‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 210 sur 631 · Après ;« 4 r/. 7 CoiiKéj · texte numérisé non relu

Après ;« 4 r/. 7 CoiiKéj

1) comme ensevelie par cette paille et cette ziza- » nie, d'où lui viennent mille maux; d'avoir un » ministère dégagé d'erreurs, de faux cultes, d'u- » sages superstitieux, un ministère possédé par des » gens de bien , qui le tiennent par de bonnes » voies, et qui servent eux-mêmes de bon exemple. « C'est cet état que nous croyons avoir été inter- «I rompu. » Pourquoi se charger de tant de paroles, et à cause qu'elles sont pompeuses ne prendre pas garde qu'elles sont vaines, pour ne pas dire trompeuses, et contraires manifestement à l'Evangile? Car peut-on plus clairement abuser le monde, que d'exagérer comme on fait ici : « Ce ministère pos- » sédé par des gens de bien, qui le tiennent par de » bonnes voies, et qui servent eux-mêmes de bon » exemple? » Est-ce que l'autorité du ministère ecclésiastique dépend de la discussion de la vie et du bon exemple de ceux qui en sont revêtus? et que quand ils seraient aussi scandaleux et aussi pervers que les scribes et les pharisiens, il ne faudrait pas dire encore, non pas avec Jésus-Christ : Ils sont sur la chaire de Moise' , mais, ce qui est bien plus auguste : Ils sont sur la chaire de Jésus- Christ et des apôtres? Laissons néanmoins ces choses, et venons à cet état interrompu de l'article XXXI, que M. Claude entreprend ici de nous expliquer. Cet état interrompu est allégué pour fonder la nécessité d'une vocation extraordinaire dans les prétendus réformateurs : car écoutons comme parle cet article : « Il a fallu quelquefois, et notamment » de nos jours , où l'état de l'Eglise était inter- » rompu , que Dieu suscitât gens d'une façon ex- » traordinaire pour dresser de nouveau l'Eglise. » Vous le voyez, messieurs, cet état interrompu de l'Eglise est allégué seulement pour fonder la vocation extraordinaire de vos premiers réformateurs. Mais pour fonder la nécessité d'une vocation extraordinaire, il ne suffit pas que le ministère soil impur; il faut que le ministère ait cessé. Quand vous êtes venus, messieurs, ce ministère ecclésiastique avait-il cessé? Nullement, vous répondra M. Claude, car autrement l'Eglise aurait cessé; puisque l'Eglise, selon lui, comme vous venez de l'entendre , n'est autre chose que les vrais fidèles qui font profession de la vérité sous un ministère qui lui fournit les aliments nécessaires. Et il nous a déjà dit souvent que l'Eglise n'est jamais sans le ministère. C'est pourquoi dans cet endroit, où il tâche à rendre raison de cet état interrompu, après avoir expliqué par tant de beaux mots l'impureté qu'il se représente dans le ministère avant la réformation : Il L'Eglise, ajoute-t-il, n'a pas cessé , » elle n'a point entièrement perdu sa visibilité ni son » ministère , à Dieu ne plaise I » Voyez comme il se récrie contre cette abomination, de dire que le ministère puisse être perdu dans l'Eglise. Il n'y a donc jamais nécessité de vocation extraordinaire dans les ministres, puisque, pour transmettre le ministère à la façon ordinaire, il n'est pas requis que le ministère soit pur : il suffit qu'il soit. El quand, pour le transmettre, on demanderait, comme l)arle M. Claude, non-seulement des ministres de bonne doctrine, mais encore de bonne vie et de bon exemple , il est aussi assuré qu'il y en aura toujours de tels dans la société du peuple de Dieu ,

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