Paul Vil. S. Amhr., Oper . S. Ambr., t. il. App. col. M
2. Gcorg. CalLxt.^ Lisput. contra Comm,. sub una sp., n. IG2.
Si ces messieurs voulaient agir de bonne foi, et ne songeaient pas plutôt à échapper qu'à instruire, ils verraient qu'il ne suffit pas d'alléguer en l'air la figure synecdoque, et de dire qu'il est ordinaire, à la faveur do cette figure, d'exprimer le tout par la [tartie. On élude tout par ces moyens, et on ne laisse plus rien de certain dans le langage. Il faut venir en particulier à la matière proposée, et au lieu dont il s'agit; examiner, par exemple, si la figure qu'on veut appliquer au récit de Paulin, se trouve dans quelque récit semblable , et si elle convient en particulier au récit de cet historien. Calixte ne fait rien de tout cela parce que tout cela n'eût servi qu'à le confondre.
Et d'abord, il est bien certain que la figure dont il parle n'est pas de celles qui ont passé dans le langage ordinaire , comme quand nous disons , manger ensemble , pour exprimer le festin entier et le manger avec le boire, ou comme les Hébreux nommaient le pain seul , pour exprimer en général toute nourriture. Il n'a pas passé de môme dans le langage ecclésiastique, et dans l'usage commun, de nommer le corps seul pour exprimer le corps et le sang, puisqu'au contraire on trouvera dans les Pères, à toutes les pages , des passages où la distribution du corps et du sang est rapportée, en nommant expressément l'un et l'autre; et on peut tenir pour constant que c'est l'usage ordinaire.
Mais sans nous fatiguer inutilement à rechercher les passages où les Pères peuvent les avoir nommés l'un sans l'autre, ni les raisons particulières qui peuvent les y avoir obligés, je dirai, en me renfermant dans les exemples dont il s'agit en ce lieu , que je n'ai jamais vu aucun récit, où, en racontant la distribution du corps et du sang, ils n'aient exprimé que l'un des deux.
Que si je n'en ai remarqué aucun exemple, Calixte n'en a remarqué non plus que moi; et ce qui doit faire croire qu'il n'y en a point, c'est qu'un homme si soigneux de ramasser contre nous tout ce qu'il peut, n'en a pu trouver.
Je vois aussi M. du Bourdieu qui a écrit depuis lui, et qui l'ayant si bien lu , puisqu'il le suit presqu'en tout, a dû suppléer à ce qui lui manque, nous dire', non pas à l'occasion de Paulin et de saint Ambroise, mais à l'occasion de Tertullien, que si ce Père, en parlant de la communion domestique, dont nous parlerons aussi en son lieu, n'a nommé que le corps et le pain sacré, sans nommer le sang ni le vin , c'est « qu'il exprime le tout par » la partie, et qu'il n'y a rien de plus commun dans » les livres et dans le langage ordinaire des honi- » mes. » Mais je ne vois pas que dans la matière dont il s'agit, et dans le récit qu'on fait de la distribution de l'Eucharistie, il ait trouvé dans les Pères, non plus que Calixte, un seul exemple d'une locution , qui , selon lui , devrait être si commune.
Voilà deux ministres dans le même embarras. Calixte trouve le corps seul nommé dans la communion d'un malade. M. du Bourdieu trouve la même chose dans la communion domestique. Nous ne nous en étonnons pas; c'est que nous croyons ces deux communions données avec le corps seul : ces ministres n'en veulent rien croire; tous deux se sauvent par la figure synecdoque; tous deux