‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 229 sur 631 · Act., II. 41; IV. 4. — 2. Hom., VI. 4, Coloss., II · texte numérisé non relu

Act., II. 41; IV. 4. — 2. Hom., VI. 4, Coloss., II

THAITK DE LA COMMUNION SOUS LES DEUX ESPÈCES

parfaitement le mystère de Jésus-Christ, qui le régénère. La mersion, où l'eau est appliquée au corps entier et à toutes ses parties, signifie aussi plus parfaitement que l'homme est pleinement et entièrement lavé de ses taches. Et toutefois le baptême donné par l'immersion, ou le plongement, ne vaut pas mieux que le baptême donné par simple infusion, et sur une seule partie : il suffit que l'expression du mystère de Jésus-Christ et de l'efTel de la grâce se trouve en substance dans le sacrement, et la dernière exactitude de la représentation n'y est pas requise.

Ainsi, dans l'Eucharistie, l'expression de la mort de Notre Seigneur se trouvant au fond , quand on nous donne le corps livré pour nous, et l'expression de la grâce du sacrement s'y trouvant aussi quand on nous donne sous l'espèce du pain l'image de notre nourriture spirituelle, le sang, qui ne fait qu'y ajouter une signification plus expresse, n'y est pas absolument nécessaire.

C'est ce que montrent manifestement les paroles mêmes de notre Seigneur, et la rédexion de saint Paul, lorsque rapportant ces paroles : Faites ceci en mémoire de moi', il en conclut aussitôt après, que toutes les fois qu'on mange ce pain, et qu'on boit ce calice , on annonce la mort du Seigneur. Ainsi, selon l'interprétation du disciple , l'intention du mai- Ire, quand il ordonne de se souvenir de lui, c'est qu'on se souvienne de sa mort. Afin donc de bien entendre si le souvenir de cette mort est dans la seule participation de tout le mystère, ou dans la participation de chacune de ses parties , il ne faut que considérer que le Sauveur n'attend pas que tout le mystère soit achevé , et toute l'Eucharistie reçue dans ses deux parties, pour dire. Faites ceci en mémoire de moi. Saint Paul a remarqué qu'à chaque partie il ordonne expressément cette mémoire^. Car après avoir dit : Mangez , ceci est mon corps , faites ceci en mémoire de moi , en donnant le sang , il répète encore : Toutes les fois que vous le boirez, faites-le en mémoire de moi; nous montrant par cette répétition que nous exprimons sa mort dans la participation de chaque partie. D'où il s'ensuit que lorsque saint Paul conclut de ces paroles (\\x'en mangeant le corps et buvant le sang , on ajinonce la mort du Seigneur, il faut entendre qu'on l'annonce non-seulement en prenant le tout, mais encore en prenant chaque partie , d'autant plus qu'il est visible d'ailleurs que dans cette mystique séparation que Jésus-Christ a marquée par ces paroles, le corps épuisé de sang, et le sang tiré du corps font le même effet, pour marquer la mort violente de Notre Seigneur. De sorte que s'il y a une expression plus inculquée en prenant le tout, il ne laisse pas d'être véritable qu'à la réception de chaque partie on se représente la mort tout entière, et on s'en applique toute la grâce.

Que si on demande ici à quoi sert donc l'institution dp.s deux espèces, et cette expression plus vive de la mort de Notre Seigneur que nous y avons remarquée, c'est qu'on ne veut pas songera une qualité de l'Eucharistie bien connue des anciens, quoique rejetéo par nos réformés. Tous les anciens ont cru que l'Eucharistie n'était pas seulement une nourriture, mais encore un sacrifice, et qu'on l'of-

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