‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 235 sur 631 · iV. 199. — 2. Idem, n. 200. Desiâer. Paris, n. 4. — 3. De · texte numérisé non relu

iV. 199. — 2. Idem, n. 200. Desiâer. Paris, n. 4. — 3. De

Com-nutiione sub utraque, îi. 200. et Jud., n. 76.

nier Traité que M. Jurieu a mis au jour, il se propose de faire un abrégé de l'histoire du retranchement de la coupe', où, quoiqu'il nous donne pour indubitable tout ce qu'il lui plaît d'y débiter, il nous sera aisé de lui faire voir presque autant de faussetés qu'il a raconté de faits.

Il ne dit rien de nouveau sur les évangiles et sur les épitres de saint Paul, dont nous avons assez parlé. Du siècle des apôtres, il passe aux siècles suivants, où il montre , sans peine, que l'usage des deux espèces était ordinaire-. Mais il s'est bientôt aperçu qu'il ne ferait plus rien contre nous, s'il n'en disait davantage : car il sait bien que nous soutenons que, lors même que les deux espèces étaient en usage, on ne les croyait pas si nécessaires qu'on ne communiât aussi souvent et aussi publiquement sous une seule, sans que personne s'en plaignît. Pour nous ôter cette défense, et dire quelque chose de concluant, il ne suffisait pas d'assurer que l'usage des deux espèces était ordinaire; il fallait encore assurer qu'on le regardait comme indispensable, et que jamais on ne communiait d'une autre sorte. M. Jurieu a senti qu'il le fallait dire; il l'a dit en effet, mais il n'a pas même tenté de le prouver, tant il a désespéré d'y réussir. Seulement, par une hardie et véhémente affirmation, il a cru pouvoir suppléer au défaut de la preuve qui lui manque : « C'est, dit-il', un fait d'une no- » toriélé publique, et qui n'a pas besoin de preuve; » c'est une affaire qui n'est pas contestée. » Ces manières affirmatives imposent; les prétendus réformés en croient un ministre sur sa parole , et ne peuvent s'imaginer qu'il leur ose dire qu'une chose ne soit pas contestée , quand en effet elle l'est. Cependant c'est la vérité qu'il n'y a rien, non-seulement de plus contesté , mais encore de plus faux que ce que M. Jurieu nous donne ici pour incontestable, et comme également avoué dans les deux partis.

Mais considérons ses paroles dans toute leur suite. « C'est , dit-il , une affaire qui n'est pas contestée. » Durant l'espace de plus de mille ans, dans l'E- » glise, personne n'avait entrepris de célébrer ce » sacrement, et de faire communier les fidèles ay- » trement que le Seigneur ne l'avait commandé, » c'est-à-dire, sous les deux espèces; excepté que » pour faire communier plus facilement les ma- » lades , quelques gens s'étaient avisés de tremper » le pain dans le vin , et de faire recevoir l'un et » l'autre signe en même temps. »

La proposition et l'exception ne sont faites ni l'une ni l'autre de bonne foi.

La proposition est que, durant l'espace de plus de mille ans, personne n'avait entrepris de célébrer ce sacrement ni do le donner autrement que sous les deux espèces. Il confond d'abord deux choses bien différentes, célébrer ce sacrement, et le donner. On n'a jamais célébré que sous les deux espèces; nous en convenons, et nous en avons dit la raison , tirée de la nature du sacrifice : mais qu'on n'ait jamais donné que les deux espèces, c'est de quoi on dispute; et le bon ordre, pour ne pas dire la bonne foi, ne permettait pas qu'on mît ensemble ces deux choses comme également incontestables.

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