‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 239 sur 631 · Secl. VI, p. 4S0. — 2. S»ct. v, p · texte numérisé non relu

Secl. VI, p. 4S0. — 2. S»ct. v, p

plus sainte, et aux maximes solides que nous avons établies de l'aveu des prétendus réformés; si on ajoute, dis-je, à toutes ces choses, ce que nous avons déjà dit, mais ce qu'on n'a peut-être pas assez pesé, que la présence réelle étant supposée, on ne peut nier que chaque espèce ne contienne Jésus-Christ tout entier : la communion sous une espèce demeurera sans difficulté, n'y ayant rien de moins raisonnable que de faire dépendre la grâce d'un sacrement où Jésus-Christ a daigné être présent, non de Jésus-Christ lui-môme, mais des espèces qui l'enveloppent.

Il faut ici que MM. de la religion prétendue réformée nous permettent de leur expliquer un peu plus à fond cette concomitance tant attaquée par leurs disputes; et puisqu'ils ont passé la réalité comme une doctrine qui n'a aucun venin , ils ne doivent plus désormais avoir tant d'aversion pour une chose qui n'en est qu'une conséquence manifeste.

M. Jurieu l'a reconnu dans les endroits que nous avons remarqués. « Si, dit-il', la doctrine de la » transsubstantiation et de la présence réelle était » véritable , il est vrai que le pain renfermerait et » la chair et le sang de Jésus-Christ. » Ainsi la concomitance est une suite de la présence réelle; et les prétendus réformés ne nous contestent pas cette conséquence.

Qu'ils supposent donc , du moins un moment , cette présence réelle, puisqu'ils la supportent dans leurs frères les luthériens, et qu'ils en considèrent avec nous les suites nécessaires : ils verront que Notre Seigneur n'a pu nous donner son corps et son sang perpétuellement séparés , ni nous donner l'un et l'autre, sans nous donner, en chacun des deux , sa personne tout entière.

Certainement, quand il a dit : Prenez, mangez, ceci est mon corps , et nous a donné par ces paroles la chair de son sacrifice à manger, il savait bien qu'il ne nous donnait pas la chair d'un pur homme, mais qu'il nous donnait une chair unie à la divinité, et, en un mot, la chair d'un Dieu et d'un homme tout ensemble. Il en faut dire de même de son sang, qui ne serait pas le prix de notre salut, s'il n'était le sang d'un Dieu , sang que le Verbe divin s'était rendu propre d'une façon particulière en se faisant homme, conformément à celte parole de saint Paul : « Parce que ses serviteurs sont com- » posés de chair et de sang; lui qui a dû on tout » leur être semblable , il a voulu participer à l'un » et à l'autre'. »

Mais s'il n'a pas voulu nous donner dans son sacrement une chair purement humaine, il a encore moins voulu nous y donner une chair sans âme, une chair morte, un cadavre, ou par la môme raison une chair dénuée de sang , et un sang actuellement séparé du corps : autrement il lui faudrait souvent mourir, et souvent répandre son sang, chose indigne du glorieux état de sa résurrection, où il devait éternellement conserver la nature humaine aussi entière qu'il l'avait prise au commencement. De sorte qu'il savait bien que dans sa chair nous aurions son sang, que dans son sang nous aurions sa chair; et que nous aurions dans l'un et dans l'autre son àme sainte avec sa divinité tout

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