‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 244 sur 631 · CONTRE LES RÉPONSES DES DEUX AUTEURS PROTESTANTS · texte numérisé non relu

CONTRE LES RÉPONSES DES DEUX AUTEURS PROTESTANTS

AVERTISSEMENT

I. Des deux réponses qu'on a faites à ce traité. — La charité de Jésus-Christ nous presse de faire un dernier etTorl pour lever les diiïicullés, que nos frères ou obstinés ou infirmes, soit qu'ils soient loin, ou qu'ils soient près, dans le royaume ou hors du royaume (car la charité les embrasse tous), trouvent dans la communion sous une seule espèce. A les entendre parler, vous diriez que tout le christianisme consiste à recevoir les deux espèces du saint sacrement. La matière de la justilication, dont on a fait autrefois le principal sujet de la rupture, ne les touche plus; ils ont ouvert les yeux, et ils ont reconnu que le saint concile de Trente a enseigné tout ce qu'il fallait pour établir la doctrine de la grâce chrétienne , et pour appuyer en Jésus-Christ seul la confiance de l'àme lidèle. Ils trouvent des expédients pour apaiser les scrupules qu'on leur a fait naître sur la sainte Eucharistie; et une union authentique que leur synode de Charenton a faite avec les luthériens leur en donne les moyens. Quoi qu'on leur puisse dire, ils sentent bien, dans leurs consciences, que la transsubstantiation n'ajoute qu'une légère difficulté à la présence réelle; et l'adoration, suite nécessaire de cette présence, les inquiète moins qu'auparavant. Ce qu'ils ne cessent de nous demander, c'est la coupe et la communion sous les deux espèces, comme si toutes les controverses étaient réduites dorénavant à ce seul point. Ce n'est pas ce qu'on en a cru au commencement , non plus que dans le progrès de la nouvelle Réforme. Au commencement, Carlostad ayant entrepris de renverser les images, et de donner la coupe en l'absence de Luther, et sans le consulter, ce nouveau prophète le reprit sévèrement en ces termes , dans la lettre à son ami Gaspard Guttolius' : « J'ai oITensé Carlostad en » cassant ses ordonnances. Par son iniperlinentc » manière d'enseigner, il avait persuadé au peuple » qu'on devenait chrétien par ces choses de néant, 0 en communiant sous les deux espèces, en tou- » chant le sacrement, et le prenant de la main , en » rejetant la confession, et en brisant les images. » Vous voyez, mes frères, (|ue cet auteur de la Uéformation , en faisant le dénombrement des choses de néant, où Carlostad, comme un ignorant, faisait consister le christianisme, met à la tète la communion sous les deux espèces. Mélanchton parle à peu près dans le même sens; et de nos jours Grotius ayant reproché aux calvinistes qu'ils faisaient du retranchement de la coupe le principal sujet de

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