‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 245 sur 631 · Cali-ct.. p · texte numérisé non relu

Cali-ct.. p

leur rupture , Rivet , ce fameux ministre, en parut offensé, et répondit à Grotius' « que ce n'était pas » la principale raison pour laquelle les Eglises ré- » formées s'étaient séparées de l'Eglise romaine , t » que Grotius, qui leur faisait ce reproche, savait » bien qu'il y en avait de plus importantes. » Maintenant on ne nous parle presque que de celle-là, et l'on nous dit de tous côtés qu'on pourrait s'accommoder sur tout le reste.

Il faut donc un peu s'attacher à cette difficulté qu'on fait si grande. Le besoin de nos frères m'en a inspiré le dessein, et la nouvelle édition qu'on a faite de mon Traité sur les deux espèces m'en donne l'occasion. Dans le temps qu'on travaillait à cette édition, j'ai reçu deux réponses à ce Traité, qui toutes deux sont imprimées dans la même année, c'est-à-dire, en 1(J83, et qui sont venues en môme temps à ma connaissance. L'une n'a point de nom d'imprimeur; et l'autre, pour porter le nom de Pierre Marteau, qu'on dit imprimeur à Cologne, n'en montre pas mieux où elle a été imprimée. Le public attribue la première à M. de la Roque, ce fameux ministre de Rouen , qui a composé l'IIistoire de l'Eucharistie , et je ne vois aucun lieu d'en douter. Je n'ai pu apprendre aucune nouvelle de l'auteur de la seconde, et tout ce que j'en puis dire, c'est que, zélé protestant, et ennemi toujours emporté de la présence réelle, il promet même d'examiner la foi de l'Eglise grecque sur cette matière'^. S'il imprime quelque jour ce livre, et s'il y met son nom, nous le connaîtrons à cette marque : en attendant il sera l'anonyme, et nous ne pouvons le réfuter que sous ce titre. Au surplus, j'avouerai que ces Réponses sont toutes deux de bonne main, toutes deux vives , toutes deux savantes. La principale dilTérence que je remarque entre M. de la Roque et l'anonyme, car je commence à le désigner par ce titre , c'est que le premier me traite avec beaucoup plus de civilité en apparence , et que l'autre alïecte au contraire je ne sais quoi de chagrin et de rigoureux; mais il n'importe pour le fond; car enfin, avec des tours dilïérents, ni l'un ni l'autre ne m'épargent : ils ont recherché l'un et l'autre tout ce qui servait à leur cause ; ils ont déterré toutes les antiquités, et je puis dire que la matière est épuisée. Ainsi leur travail et leur diligence a épargné à ceux qui cherchent de bonne foi la vérité, toute la peine qu'ils auraient eue à remuer tant de livres. Sans faire de nouvelles recherches , ils n'ont qu'à considérer ce que ces deux auteurs ont accordé par nécessité, et ce qu'ils ont déguisé ou nié avec artifice,

Page 1