‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 256 sur 631 · Anon., I. part., ch. vr, p. 91. — 2. Idem, pag · texte numérisé non relu

Anon., I. part., ch. vr, p. 91. — 2. Idem, pag

DÉFENSE UE LA TUADITION SLT. LA COMMUNION

» iinpossibliî de le manger sans le rompre on le » briser dans la bouche; si bien que cctlc fraction » seule supplée fort bien à celle qui se devrait faire » par la main'. » C'est ainsi qu'on fait ce qu'on veut, pourvu (]u'on ait de l'esprit, ou plutôt pourvu qu'on ait de la luiriliesse pour mettre ce iju'on voudra à la place de ce que Jésus-Christ a fait. Mais parce que les catholiques, sans rien donner à leurs sens ni à leur raisonnement, lâchent d'entendre l'Evangile avec le secours de tous les siècles , on les condamne; et il n'y a qu'eu.x qu'on ne peut soulTrir, pendant qu'on pardonne tout au.x luthériens.

On ne peut donc pas douter qu'il n'y ait des choses que Jésus-Christ a faites dans la cène, je dis même des choses qui contenaient un grand mystère, et faisaient partie de la signification mystique, qu'il a laissées néanmoins à la disposition de l'Eglise. Par quelle règle nos réformés nous feront-ils voir que la distribution du calice sacré n'est pas de ce nombre? Tout ce que Jésus-Christ a fait n'était-il pas important? où voient-ils dans la parole de Dieu que parmi les choses commandées, dans cette occasion , il y en ait de moins nécessaires les unes que les autres? et quelles excuses trouverontils, s'ils ne reconnaissent avec nous que Jésus- Christ les a renvoyés à l'autorité de l'Eglise, pour faire le discernement de ce qui est essentiel à son sacrement, d'avec ce qui ne l'est pas?

Ils répondent que des circonstances , comme celles de rompre ou ne rompre pas, de communier d'un même pain, et de boire de la même coupe ou de plusieurs, visiblement ne sont pas de môme importance que le retranchement que nous faisons d'une espèce tout entière , dans laquelle consiste un des traits les plus essentiels de la représentation du sang répandu , qui était la tin de ce mystère. Mais c'est ici raisonner; et au lieu de faire à la lettre ce que Jésus-Christ a dit, nous donner la liberté de l'interpréter à notre mode. Que s'il est permis de raisonner, ne voient-ils pas que nous leur dirons qu'il n'est pas vrai que nous retranchions une espèce : qu'elle demeure tout entière dans le sacrifice, et qu'elle y représente au peuple la séparation du corps et du sang : que le fidèle recevant ensuite le corps comme séparé mystiquement du sang, représente au fond le même mystère que s'il recevait de plus le sang comme mystiquement séparé du corps; de sorte qu'il participe à Jésus-Christ comme victime, qui est ce en quoi consiste le fond du mystère : que le reste par conséquent ne regarde qu'une plus parfaite représentation, qui n'est pas essentielle dans le sacrement , comme on en convient : enfin, ce qu'il y a de plus important, que l'autorité de l'Eglise et la tradition de tous les siècles, comme nous le ferons bientôt voir, nous montrent que c'est ainsi qu'il le faut entendre.

CHAPITRI': IV.

Vc Ifi forme, de l'Eucharistie : les protestants ne joignent pas la parole à l'action. Après avoir parlé de ce qui regarde la matière de ce sacrement, venons à ce qui regarde sa forme. Il n'y a rien de plus essentiel aux sacrements que la parole qui en consacre la matière; c'est l'âme

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