Mach.,Tiu
rement dans un écrit aussi ancien et aussi connu que le livre des Mach'abées? Il est bien aisé de l'entendre; c'est qu'encore que nos réformés ne veuillent pas recevoir ce livre , ils ne peuvent lui ravir son antiquité ni sa dignité tout entière : c'est qu'en trouvant la prière pour les morts devant et après l'Evangile dès le commencement de l'Eglise, s'ils lui donnaient dans tous les temps la même origine, la suite en serait trop belle : on aurait peine à comprendre qu'une prière qui parait un peu devant l'Evangile, et incontinent après, se fut éclipsée dans le milieu : on serait forcé de croire qu'elle serait du temps même de Jésus-Christ et des apôtres, qui en ont si peu rompu le cours qu'on la voit aussitôt après dans toutes les églises chrétiennes : on ne pourrait s'empêcher de reconnaitre dans cette source l'origine d'une façon de parler commune parmi les Juifs, et autorisée par Jésus-Christ même, qu'il y a des péchés qui ne se remettent ni en ce siècle ni en l'autre'; car on verrait clairement, dans le livre des Machabées, la rémission des péchés demandée par des sacrilices, en faveur des morts et pour le siècle futur, et la façon de parler dont s'est servi Jésus-Ghrisl confirmerait trop cette doctrine, et aurait avec elle un trop visible rapport: un lieu obscur de saint Paul, où il parle d'une coutume de se baptiser pour les inorts- (car c'est ainsi qu'il faut traduire selon la force de l'original), trouverait dans cette coutume un dénouement trop manifeste : ce baptême, c'est-à-dire, non pas le baptême chrétien, mais les purifications et les pénitences pratiquées par les Juifs pour les morts, auraient une liaison trop manifeste avec la croyance de la prière dont nous parlons : en un mot , cette croyance serait trop suivie, et paraîtrait trop clairement devant l'Evangile, sous l'Evangile, et après l'Evangile. Il faut évoquer la Sibylle, pour rompre cette belle chaîne : il ne faut pas qu'on ait dit en vain que l'Eglise romaine avait tort, et il vaut mieux, pour soutenir le titre de réformés, donner le tort à tous les chrétiens et à tous les Juifs, sans respecter Judas le Machabée, ni son historien, dont le livre a mérité d'être lu publiquement dans l'Eglise dès les premiers siècles.
Reprenons en peu de paroles ce que nous venons d'établir; et quelque ennui qu'on ressente à répéter des choses claires, portons-en la peine pour l'amour de ceux dont le salut nous est cher. J'ai fait voir à nos réformés qu'ils n'ont point de règle. Celle qu'ils semblent s'être proposée , de faire dans les sacrements ce que Jésus-Christ a fait et institué, s'est trouvée visiblement fausse, non-seulement dans le baptême , mais encore , de leur aveu, dans beaucoup de circonstances très-importantes de la cène. Nous avons vu clairement qu'en rejetant la Tradition ou la doctrine non écrite, il ne leur reste aucune règle pour distinguer dans les sacrements, et en général dans les observations de l'Ancien et du Nouveau Testament, ce qui est essentiel et perpétuel d'avec ce qui ne l'est pas. Ceux qui , soigneux de leur salut et diligents dans la recherche de fa vérité, voudront retire les endroits que j'ai défendus du Traité de La Communion'^ , y trouveront maintenant la démonstration des trois prin-
l. Mallh., xii. 31, 32. - 2. /. Cor., xv. 29. — 3. Traite de Ui Communion, II. part., n. 1, 2. 3,4, 5. 6, lu.
DÉFENSE DK LA TUADITION SUR LA COMMUNION
cipcs que j'ai établis, et principalement de celui-ci, qui est le plus essentiel : « que pour connaître ce » qui appartient ou n'appartient pas à la substance » des sacrements, il l'aul consulter la pratique, la » Tradition et le sentiment de l'Eglise'. »
SECONDE PARTIE
Qu'il y a toujours eu dans l'Eglise chrétienne et catholique des exemples approuvés , et une tradition constante de la communion sous une espèce.