‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 282 sur 631 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Communion des malades.

Il est vrai que dans les Réponses de mes adversaires, il y a un endroit éblouissant , et je ne m'étonne pas que les lecteurs peu instruits m'aient cru battu en ce point. J'avais avancé qu'on communiait ordinairement les malades sous la seule espèce du pai7i'. Ces vigoureux attaquants répondent que, pour établir cette pratique ordinaire, je n'apporte que deux exemples, et encore qu'ils me contestent, celui de Sérapion et celui de saint Ambroise; mais pour eux qu'ils vont m'accabler d'autorités et d'exemples. El en effet, ils ont parcouru, avec un soin digne de louange, les Vies des Saints recueillies par Surius ou par les autres , dont la plupart sont écrites par des auteurs contemporains. Ces! de là qu'ils tirent tout de suite, l'un vingt et un, et l'autre près de trente exemples de communions sous les deux espèces dans l'extrémité de la maladie; de sorte que s'il a fallu réserver l'Eucharistie pour la communion ordinaire des malades , ce ne peut être que sous les deux espèces, et qu'ainsi la difficulté que j'avais posée à réserver celle du vin s'en va en fumée. Voilà, dis-je, encore une fois, un raisonnement éblouissant. Les protestants triomphent , les catholiques sont en peine pour moi , et tel m'aura blâmé de n'avoir pas assez pris garde à ce que je disais, et d'avoir commis l'Eglise. Mais qu'ils cessent de s'inquiéter, ou pour la cause de l'Eglise, ou pour la mienne, s'ils ont eu assez de charité pour cela. Outre ces vingt ou trente exemples qu'on m'oppose, je suis prêt à en fournir presque encore autant, et je n'en soutiendrai pas avec moins de force que ce que j'ai dit est exactement véritable.

En effet, en disant que la communion dos malades se faisait ordinairement sous une seule espèce, j'avais remarqué expressément, que souve7it on les leur portait toutes deux, et que c'était lorsqu'on avait à les communier dans des circonstances où ils pusneiit commodément recevoir ies deux espèces sans être altérées en aucune sorte^. J'avais même remarqué que le temps propre à les communier sous les deux espèces , était celui où on leur donnait la communion environ au temps de la messe. J'en avais donné des exeiii[)losdans mon Traité', où on y peut voir la communion de Louis le Gros, roi de France, que l'abbé Suger nous montre en effet comme faite sous les deux espèces; mais il remarque expressô-

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