‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 29 sur 631 · Terl,, adv. Prax., n. 7. — a. Tab., LeU. vi, p · texte numérisé non relu

Terl,, adv. Prax., n. 7. — a. Tab., LeU. vi, p

terminaient l'esprit au sens figuré. — La suite même des choses excluait ce dernier sens. Les mêmes qui ont enqiloyé dans leurs interprétations cette jjartile résonnante , l'ont considérée comme un corps et un revêtissement que Dieu donnait à son Verbe; de môme que nos paroles sont une espèce de corps el de revêtissement que nous donnons à nos pensées. En suivant la comparaison, el pour donner ]ilus de substance, ou, si l'on veut, plus de corps à cette parole résonnante par laquelle on veut cjuc Dieu ail créé la lumière; quelques-uns do ces auteurs lui ont attribué une subsistance durable , semblable à celle que nous donnons à nos pensées et à nos paroles , lorsque nous les mettons par écrit. Tout cela est-il vrai à la rigueur? Dieu a-l-il écrit ce qu'il disait? Mais a-l-il effectivement parlé? à qui, el en quelle langue? à la matière qui était muette et sourde? ou aux hommes qui n'étaient pas? ou aux anges à qui il ail donné pour cela des oreilles comme à nous? T'orcé par l'absurdité d'une telle imagination, le ministre reconnaît ici une ligure dont l'esprit est en deux mots, que Dieu agit au dehors par son Verbe qui est son Fils; qu'il agit en commandant, c'est-à-dire, avec un pouvoir absolu; que le Verbe par qui il commande, et qui est lui-même son commandement ainsi qu'il est sa parole, est une personne'; et que la même vertu par laquelle il a une fois créé le monde, subsiste éternellement pour le conserver.

XG. Principe du ministre, qui ne veutpas qu'on prenne les Pères pour des insensés ; qu'avec sa double génération il les fait plus insensés que ceux qui les font ariens. — Pour pousser à bout le ministre par ses propres principes, voici en 1690 comme il prouve que les anciens ont reconnu le Fils de Dieu éternel, non pluse/i germe et en semence, comme il disail en 1689, car il ne l'a plus osé dire depuis, mais en existence et en personne : « Ce serait, dit- » il-, une erreur folle de croire comme ils ont cru » qu'il est engendré de la substance du Père sans » croire qu'il soit éternel. » Il a raison; car pour en venir à cette folie, il faudrait croire que la substance de Dieu ne serait pas éternelle, ou qu'on en pourrait séparer son éternité. Passons outre : cela est trop clair pour nous arrêter davantage. Le ministre ajoute ailleurs, en parlant des mêmes Pères', « qu'il » faut croire que ceux qui errent ne sont pas fous; » et que ce serait l'être, et se contredire d'une ma- » nière folle, que de dire absolument d'une pari, » que le Fils est une même substance, et qu'il est » coéternel au Père , et dire cependant qu'il aura » commencé. » A la bonne heure : il ne veut donc pas que les anciens soient fous, ni qu'ils se contredisent d'une manière folle : mais si c'est une absurdité de croire qu'on soit de même substance sans être coéternel , ou qu'on soit coélernel, el que cependant on ait commencé : ce n'en esl pas une moindre ni moins sensible, que de croire qu'on soit de même substance, sans croire qu'on soit aussi en tout el partout de même perfection; que de croire qu'on soit éternel, sans croire qu'on le soit aussi en tout ce qu'on est; que de croire avec tous les Pères (ju'on soit immuable, el qu'on change cependant; que la substance soit indivisible, el qu'on n'en lire au pied de la lettre qu'une portion ; ou qu'on s'en-

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