‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 298 sur 631 · La Eoq.,p · texte numérisé non relu

La Eoq.,p

DÉFENSE DE LA TRADITION SUR LA COMMUNION

les autres que nous avons vus, faudra-t-il dire encore, pour sauver la communion sous les deux espèces, que tout cela ne sorail ((u'une seule et même communion; de sorte qu'au lieu de dire que les premiers chrétiens communiaient souvent, et môme tous les jours, il faille dire, pour s'ajuster au systcMiie de nos adversaires, qu'ils ne communiaient qu'une seule fois? Ne vaudrait-il pas ndeux avouer de bonne foi la communion sous une seule espèce? et n'est-ce pas l'avouer, que de ne pouvoir s'en défendre que par de semblables extravagances'?

Voilà néanmoins où sont réduits les plus doctes de nos adversaires; un Calixte, un du Bourdieu , un Laroque. Mais, dira-t-on , vous leur imposez, du moins au dernier : il a une autre réponse , et il soutient même, en supposant que les fidèles n'emporlaicnt que le pain seid , qu'ils ne laissaient pas de communier sous les deux espèces , parce qu'on croyait dans l'Eglise orientale et dans l'occidentale, que le mélange, et l'altouchemenl du pain consacré, sanctifiait et consacrait le vin qui ne l'était pas, de sorte que « les fidèles, qui étaient imbus de » cette opinion, ne manquaient pas, selon toutes » les apparences, de faire ce mélange du pain con- » sacré avec du vin commun ', » afin de communier sous les deux espèces. Voilà comment on résout les difiicultés dans la nouvelle Réforme. On impute à l'Eglise orientale et occidentale, c'est-à-dire, à l'Eglise universelle, un sentiment qu'elle n'euljamais, comme on le verra en son lieu : lorsqu'on n'a aucune preuve d'une chose de fait qu'on avance, on se contente de dire que les fidèles 7iy manquaient pas, selon toutes les apparences ; et cela enfin, pour établir une chose, du moins aussi dillicile que celle qu'on veut éviter, c'est-à-dire, la consécration par le mélange, pour éviter la communion sous une espèce.

Oui, mes frères, je vous le répète encore, la consécration par le mélange a deux inconvénients, plus grands et plus invincibles que la communion sous une espèce ; le premier, est de consacrer et de faire un sacrement sans parole, qui est la chose du monde la plus inouïe : le second, de prendre ensemble le corps et le sang que Notre Seigneur a donnés séparément en mémoire de sa mort violente, et de son sang séparé du corps par tant de plaies.

En effet, si nos adversaires parlent franchement, ils avoueront que la consécration par le seul mélange, et la communion des deux espèces unies, ne leur paraissent pas moins nulles, ni moins opposées à l'Evangile, que la communion sous une espèce. Ils s'en expliquent assez pour peu qu'on les presse. Le docteur allemand, dont on a parlé, décide que, selon les sentiments de ceux de la Confession d'Augsbourg, la communion par le mélange est directement contre l'Evangile : les calvinistes sont de même avis; et enfin tous les protestants ont le malheur de ne pouvoir éviter la communion sous une espèce, sans mettre des choses autant ou plus difficiles de leur aveu propre.

Pour ce qui est de l'Eglise catholique, elle se suit parfaitement elle-même. Elle n'approuve en aucune sorte la consécration sans parole, par le seul mélange; parce qu'elle la trouve également contraire à l'Enriture et à la Tradition : elle ap-

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