CHAPITRE XLII
Ce que signifie le mot sanctifié dans l'Ordre romain.
Mais M. de la Roque prétend qu'il n'y a point d'équivoque dans l'Ordre romain , et il tâche de le prouver par le texte même qu'il rapporte ainsi^. « Le vin non consacré est sanctifié par le pain con- » sacré, et tous communient avec silence; c'est-à- » dire, poursuit le ministre, comme chacun voit, » sous les deux espèces. » Cette glose pourrait passer, si l'on avait oublié ce qui précède immédiatement, qui est, comme nous l'avons déjà rapporté, que c'est le corps qu'on a réservé, et que c'est le corps qu'on pose sur l'autel; de sorte qu'il faut entendre que c'est avec le corps que l'on communie. Et ce qui est dit entre deux, de la sanctification du vin par le corps, n'est pas pour dire que le vin soit changé au sang, ce qui ne s'est jamais fait que par la parole ; mais pour avertir l'otTiciant que cette ablution n'est pas comme à l'ordinaire; puisqu'on y a mis le corps de Notre Seigneur, si essentiellement saint et sacré que non-seulement tout ce qui le louche, mais encore tout ce qui sert à son ministère ne peut plus être profane.
Mais je veux que ce terme de sanctifier soit équivoque et puisse recevoir un double sens. Par où faut-il déterminer un terme ambigu, si ce n'est, comme nous faisons, par toute la Tradition? Il est question de savoir si c'a jamais été l'esprit de l'Eglise de consacrer par le seul mélange et sans paroles. C'est de quoi on ne trouve rien neuf cents ans durant, et le ministre en convient; si ce n'est qu'on veuille compter pour quelque chose le canon d'Orange, qui, selon le ministre même, dans son Histoire de l'Eucharistie , ne regarde pas cette question. Au contraire, on trouve toujours la consé-