Cod. s. R. E. Thomas., lib. i,f. y.i.1, paçi
DEFENSE DE LA TUAUITION SUR LA COMMUNION
vail. Ils nous donneront occasion d'expliquer nos Saints mystères, et d'en inspirer le respect à ceux à qui Dieu ouvrira le cœur pour les entendre. Outre les objections qui sont coniniunes à l'anonyme avec M. de la Roque, il en a de particulières. Nous avons vu qu'il a prétendu que les Grecs réservaient autrefois les deux espèces pour l'oiïice des présanctitiés, et il a été convaincu du contraire par les mêmes auteurs qu'il a produits. Comme il a eu l)eu de conliance en cette preuve, et qu'il n'y avait aucune apparence à dire qu'on eut jamais réservé le vin; il a vu qu'il en fallait venir à dire qu'on le consacrait sans parole, et que la consécration n'en demandait pas; ou bien qu'on le consacrait par le mélange, en vertu de la parole prononcée dans les jours précédents; ou bien que le jour même, on le consacrait par les prières qu'on disait dans cet oflice, et que, pour consacrer l'Eucliaristie, toute prière indérininient, et même l'Oraison dominicale, était sufTisanle. Enfin, il a osé avancer tant de choses en cette matière, qu'il peut servir d'exemple aux protestants de ce que leurs écrivains sont capables d'entreprendre pour les éblouir ou pour les lasser. En effet, si fatigués par tant de questions, qu'on remue pour leur embrouiller les matières, ils aiment mieux abandonner tout, et demeurer comme ils sont que de chercher davantage; leur salut est désespéré : mais si au contraire ils veulent entendre la vérité , et que pendant que nous tâchons de leur en faciliter la recherche , ils ne se lassent point de nous suivre , la lumière leur paraîtra bientôt. C'est ce qu'on va voir, en examinant chacune des propositions de cet auteur. Commençons sur la plus hardie : la voici : « A n'examiner que l'Ecriture, je dis » hardiment qu'il ne faut point de paroles pour » faire un sacrement; c'est-à-dire, qu'il n'y a au- » cune nécessité de prononcer tels et tels formu- » laires de prières ou de discours en faisant un » sacrement '. »
Que veut-il dire? Quoi; que tous les chrétiens ont tort d'attacher la sainteté du baptême à une formule fixe? ou peut-être qu'ils ont raison; mais que cette raison n'est pas fondée sur l'autorité de l'Ecriture? Car c'est ce qu'il insinue dans ces mois par où il commence : à n'examiner que l'Ecrilure. Il serait bon que ces gens hardis dissent franchement leurs pensées, et que nous vissions une bonne fois, qu'à n'examiner que l'Ecriture, ils ne savent comment établir une chose aussi nécessaire à la religion que la forme du baptême. Mais peut-être qu'il se veut restreindre à l'Eucharistie, et qu'il prétend que c'est à ce sacrement que la parole n'est pas nécessaire. Il ne fallait donc pas être si hardi, ni prononcer indéfiniment, que la parole n'est pas nécessaire à un sacrement. Mais pourquoi l'Eucharistie n'aura-t-elle pas ses paroles comme le baptême? Dans cette nouvelle supposition de l'anonyme, que devient l'analogie de la foi, dont ces messieurs parlent tant, et le rapport des mystères? Et pour laisser maintenant à part les autres preuves, que veut dire cette parole de saint l'aul : f.e calice de bénédiction que nous bénissons? L'anonyme ne s'en embarrasse pas : « .le ne vois pas, dil-iP, que cette 1 bénédiction se doive nécessairement expliquer B d'une prière faite sur le pain. » Non sans doute;