‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 352 sur 631 · J/iiKA., XXVI. 24. — 2. Idem · texte numérisé non relu

J/iiKA., XXVI. 24. — 2. Idem

111, 33. — 5. Exod., XII, 12 et seq.

■ 3. Ibid., 12. - 4. Rom.

EXPLICATION DK LA MESSE

Egyptiens ; mais quand je verrai le saïui à la porte de ros mait^ons , je passerai outre, et je ne rous perdrai pas comme li'S autres : au conlrairo, dés ce jour-là même, vous sortirez de la servitude , et l'Egypte sera trop heureuse de vous renvoyer en 11berlé. Voilà le sacrilice de la délivrance. Faut-il encore vous raconter comme Dieu ordonna qu'on le renouvelât tous les ans? En mémoire de cette nuit de la délivrance du peuple, on devait encore immoler un agneau , et encore en répandre le sang. Quoi I est-ce que le Seigneur va passer encore une fois avec sa main vengeresse? Point du tout, c'est une commémoration; et cette commémoration est comme l'autre sacrifice, un agneau comme auparavant , et toujours du sang répandu en mémoire de la délivrance accomplie, comme autrefois pour l'accomplir.

Vous entendez bien, sans que je le dise, que le premier sacrifice, qui est la source et le principe, représente la mort de Jésus-Christ, et que les sacrifices qu'on répétait tous les ans , représentent celui de l'Eucharistie, où par conséquent l'agneau et son sang doivent encore se trouver aussi véritablement que dans le premier. Mais il ne sera pas dit que la vérité n'ait rien au-dessus de la figure. Il n'est pas permis dans le Nouveau Testament d'olïrir un autre agneau que Jésus-Christ. Ce sera donc ici un agneau , mais toujours le même. Cet agneau ne peut mourir qu'une fois : ainsi la seconde oblalion ne sera plus qu'une mort et une immolation mystique. L'agneau y sera néanmoins; autrement la figure, qui doit être au-dessous de la vérité, serait au-dessus. Le sang y sera encore tout entier, et il sera répandu; mais d'une manière cachée et mystérieuse, pour appliquer à chacun ce qui a été offert pour tous une seule fois. Si avec l'agneau et son sang on trouve ici du pain et du vin qu'il faut consacrer, et dont les espèces paraissent encore; c'est que Jésus-Christ a plus d'une figure à y accomplir. Il faut qu'il accomplisse, disent tous les Pères, le sacrifice de Melchisédech; il faut qu'il accomplisse la figure, et des pains de proposition qu'on offrait ,à Dieu, et du vin dont on lui faisait des effusions; il faut même qu'il accomplisse les azymes qu'on devait manger avec l'agneau pascal comme avec les autres victimes; et c'est une des raisons pourquoi l'Eglise latine sacrifie encore en azymes. C'est ici la pâque de la nouvelle alliance qui se célébrera, non pas tous les ans comme l'ancienne pâque, mais tous les jours; et par la même raison que le baptême, qui est notre circoncision, n'est, comme la circoncision, qu'un sacrement; l'Eucharistie, qui est notre pi\que,doil être et un sacrement et un sacrifice.

C'était là, si nous l'entendons, cette pàque que Jésus-Christ désirait tant de manger avec ses disciples, ainsi qu'il le leur témoigne par ces paroles : J'ai désire' d'un grand désir de manger cette pâque orec t^oMS devant que de mourir'. Cette [);\que tant désirée par le Fils de Dieu n'était pas la pàque légale qui allait finir; que plusieurs tiennent qu'il ne put manger cette année, ayant été lui-même immolé, en même temps qu'on immolait la pûque, qu'en tout cas il avait déjà mangée plusieurs fois avec ses disciples, et qui ne pouvait pas être le

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