Heb., V. 11. — 2. Jiic, 1. G, etc. — 3. Heb., xi
sainte table, ce vous sera une sensible consolation de voir du moins ce que vous désirez tant de recevoir, et d'assister à ce pieux et innocent renouvellement de la mort de votre Sauveur. Votre cœur s'écoulera au dedans de vous, dans un si doux souvenir, et vous Souhaiterez d'offrir à Dieu un sacrifice parfait, en recevant de sa main le même gage de son amour que vous lui aurez oiTert pour l'apaiser : tous vos doutes, s'il vous en reste, s'évanouiront dans l'exercice de la foi. Vous verrez l'institution des deux espèces, nécessaire, indôpendainmeiit de la réception; vous les verrez distinguées, et néanmoins chacune à jiart , pleine de la même grâce qui abonde dans toutes les deux ; vous verrez sur l'autel, en vertu des saintes paroles, le corps comme séparé d'avec le sang; ainsi lequel des deux que vous preniez, vous le prendrez comme mystiquement séparé de l'autre, et toujours vous annoncerez la mort du Seigneur. Je ne dirai rien davantage sur ces controverses, et je me contenterai de vous marquer en passant la suite de la doctrine dont vous m'avez demandé l'explication.
XX\'[. L'adoration de l'Eucharistie. Mauvaise foi des minisires. — Mais peut-être que je tarde trop à vous parler de l'adoration. Vos anciens préjugés reviennent; et parce qu'on vous a dit qu'anciennement on n'adorait pas Jésus-Christ dans l'Eucharistie, vous êtes tenté de croire, ou du moins de soupçonner qu'il n'y était pas. Avant que de vous répondre dans les formes, je vous prie de peser un peu en vous-même la mauvaise foi de vos anciens maîtres. Quand il s'agit des luthériens, qui croient Jésus-Christ présent sans l'adorer, ils les excusent, en répondant que l'adoration de Jésus-Christ ne suit pas toujours sa présence. Je le veux; mais demeurez ferme, et ne concluez jamais qu'on ne croyait point la réalité dans l'ancienne Eglise, sous prétexte que vous prétendez qu'on ne pratiquait pas i'adoration : autrement on vous dira que vous avez un poids et un poids, une mesure et une mesure; puisque vous dites tantôt que l'adoration est la suite de la présence, tantôt qu'elle ne l'est pas.
XXVII. Paroles de la liturgie grecque. — Mais vous demandez des faits; en voici de clairs dans la liturgie des Grecs : « Pour les dons offerts , sanc- » tiflés, précieux, sur-célestes, inelTables, imma- "culés, glorieux, redoutables, qui inspirent de » la frayeur, divins' : » voilà une des exclamations que fait le diacre après la consécration. Nous en verrons bientôt le sujet : mais en attendant, je vous demande, si à tous ces attributs des dons consacrés, le diacre avait ajouté qu'ils sont adorables, ne seriez-vous pas content? Sans doute : mais il dit plus, puisqu'on les nommant redoutables, et qui remplissent l'esjjrit de frayeur, il exprime le plus haut degré d'adoration , et celle qu'on rend à Dieu môme : c'est pourquoi d'autres les appellent plus simplement adorables; mais en cela ils disent moins , quant à l'expression , que ne disait la liturgie.
X.XMll. .\doralion dans le sacrifice des prêsanclifii's , et son antiquité. — Et pour trancher en un mot tout ce (]u'il pourrait y avoir de dillicullé, vous connaissez le sacrifice des présanctifiés, ainsi appelé, parce qu'aux jours où la tradition de l'Eglise