Lilurg, Jar., p
EXPLICATION DE LA MESSE
grecque ne permcllaitpas qu'on fit la consécration, c'est-à-dire, durant tous les jours du jeune du carême, on célébrait ce sacrilice avec des oblations déjà consacrées le dimanche précédent. Pendant donc qu'on transportait à l'autel le sacré corps du lieu où on le réservait, on priait en cette sorte ; « Nous vous prions, ô Seigneur, qui êtes riche en » miséricorde , de nous rendre dignes de recevoir » votre Fils unique, le Roi de gloire; car voilà que » son corps sans tache et son sang vivifiant entrent » à cette heure, pour être posés sur cette table » mystique, environnés invisiblement de la multi- » tude de l'armée céleste'. » Puis au moment qu'il avance : « Maintenant les vertus des cieux adorent 1) invisiblement avec nous^; car voilà le Roi de » gloire qui entre : ■> ce qu'on répète par trois fois. Je demande comment on ferait pour mieux marquer l'adoration?
Il n'est pas besoin de prouver par les plus anciens monuments de l'Eglise grecque le sacrifice des présanctifiés,; il suffit, quant à présent, que la description s'en trouve dans la Chronique d'Alexandrie, sous Sergius, patriarche de Constantinople, et sous l'empereur lléraclius, en l'an 615' de Notre Seigneur, et ce qu'il y a de plus remarquable, que la prière qui commence par Maintenant, où l'adoration des hommes et des anges pour l'Eucharistie est si marquée, y soit rapportée tout du long.
Cette Chronique constamment est composée vers cee temps-là, et pendant que la mémoire en était récente. Qu'on n'objecte pas que cette prière fut composée par le patriarche Sergius, un des chefs des monothélites; car c'est assez que l'Eglise grecque l'ait reçue alors, deux cents ans devant Paschase Radbert, pour porter un coup mortel au système des protestants. Et d'ailleurs, s'est-on jamais avisé de compter l'établissement de cette prière parmi les