I. Dom. V posl Pentec. —2, Can. Miss
en quelque manière qu'on la puisse prendre, est bien au-dessus des sacrifices anciens, mais les personnes avec les personnes; et c'est pourquoi on ne nomme ([ue les plus saints de tous les hommes : Abel, le premier des justes, Abraliam, le père commun de tous les croyants; et on réserve en dernier lieu Melchisédech f|ni était au-dessus de lui, puisque lui-même il lui a offert la dime de ses dépouilles, et en a reçu en même temps, avec le pain et le vin, les prémices du sacrifice de l'Eucharistie.
Et pour mieux entendre ceci, il faut savoir que l'esprit de ce sacrifice est qu'ayant Jésus-Christ présent, nous le chargions de nos vœux; ce que saint Cyrille nous a déjà dit par ces paroles : « Nous » faisons à Dieu toutes nos demandes sur cette » hostie propitiatoire' ; » et c'est aussi ce que l'Eglise exprime parcelle Secrète à Pâques, et aux jours suivants : « 0 Seigneur, recevez les prières 11 de votre peuple avec l'oblalion de ces hosties; » c'est ce qu'on répète sans cesse. Et on a raison de demander, que comme les dons sont agréables , les prières qu'on oITre avec eux, et pour ainsi dire sur eux, le soient aussi, comme l'étaient celles d'Abel et des autres saints qui ont levé à Dieu des mains innocentes, et lui ont offert leurs dons avec une conscience pure.
Car la perfection de ce sacrifice n'est pas seulement que nous offrions et recevions des choses saintes; mais encore que nous qui les oITrons , et qui y participons, soyons saints. De là cette célèbre proclamation avant la réception des mystères : Les choses saintes sont pour les saints. Selon la coutume de l'Eglise, on n'admettait à les recevoir que ceux qui étaient admis à les offrir, c'est-à-dire, ceux dont la charité venait, comme dit saint PauP, d'un cœur pur, d'une bonne conscience, et d'une foi qui ne fût pas feinte.
XXXV'III. Pourquoi on emploie dans l'ablation le ministère des anges. — Dans cet esprit on se joignait avec les saints anges; d'autant plus qu'on savait très-bien qu'ils présentaient nos prières à Dieu sur l'autel, qui représentait Jésus-Christ, comme on le voit manifestement dans l'Apocalypse'.
Vos anciens ministres qui éludent tout, et jusqu'aux passages les plus clairs, veulent que l'ange qui présente à Dieu les prières des saints soit Jésus-Christ même, qui souvent, disent-ils, est appelé ange. Mais visiblement c'est tout brouiller; et pour ne point ici parler des autres endroits de l'Ecriture, jamais dans l'Apocalypse Jésus-Christ n'est appelé de ce nom. Partout où il y parait, il y porte un caractère de majesté souveraine, avec le nom de Roi des rois, et de Seigneur des seigneurs. Mais l'ange, qui parait ici pour présenter les prières, est de môme nature que les autres que saint Jean fait agir partout dans ce divin livre, de même nature que les sept anges dont il parle dans ce même endroit, dans le ménic chapitre vin où il est parlé de l'ange de la prière, qui aussi, [lour cette raison, est appelé simplement un autre ange, un ange comme les autres, et qui n'a rien de jilus relevé.
Voilà, monsieur, quel est l'ange qui ofi're à Dieu nos prières sur l'autel céleste. De là venait la tra-