‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 360 sur 631 · Judlc, XIII. ÏJO · texte numérisé non relu

Judlc, XIII. ÏJO

EXPLICATION DE LA MESSE

El lorsque nous demandons l'intercession du saint ange, vous avez trés-hicn entendu que ce n'est pas un médiateur que nous nous donnons, comme si Jésus-Christ ne suflisait pas : encore moins le donnons-nous pour tel ;ï Jésus-Christ mémo, comme on nous l'a reproché, ou à son Eucharistie, que sa seule institution rendrait Ircs-agréable, sans que l'ange s'en môlAt. Mais ce qui est saint par soi-même , ainsi qu'il a été dit, est encore plus agréablement reçu lorsqu'il est olTert par des saints : c'est pourquoi l'Eglise implore l'ange pour l'offrir à Dieu avec elle, mais toujours par Jésus-Christ, par lequel elle a déjà reconnu dès la préface de ce sacrihce, que les anges adoraient Dieu et louaient sa majesté sainte.

XXXIX. Pourquoi on y emploie l'intercession des saints. — Il n'y a pas plus de difflculté d'associer les saints à celte oblalion. Ainsi quand nous demandons que ce sacrihce, agréable à Dieu par sa propre institution et par son auteur, lui soit encore plus agréable par les prières de ses saints, nous ne demandons autre chose, si ce n'est qu'à l'agrément qui vient de la chose se joigne encore l'agrément qui vient du côté de ceux qui se joignent à nous pour l'olTrir : ce que l'on conclut encore. Par Jésus-Christ Notre Seigneur; afin que nous entendions qu'à la vérité il y a au ciel des intercesseurs qui prient et offrent avec nous; mais qu'ils ne sont écoulés eux-mêmes que par le grand intercesseur et médiateur Jésus-l!lhrist , par qui seul tous ont accès, et autant les anges que les hommes , autant les saints qui régnent que ceux qui combattent.

Et alin que vous compreniez une fois quel est l'esprit de l'Eglise dans celle intercession des anges et des saints, écoutez, monsieur, celle préface d'une messe qu'on trouve dans un volume qui a plus de mille ans' : « 0 Seigneur! ce bienheureux confes- » saur se repose maintenant dans votre paix : ins- » pirez-lui donc, ô Dieu miséricordieux, d'intercé- I) der pour nous auprès de vous; afin que l'ayant » rendu assuré de sa propre félicité, vous le rendiez » soigneux de la nôtre : par Jésus-Christ Notre Sei- » gneur. »

Remarquez que c'est par Jésus-Christ qu'on demande à Dieu , non-seulement l'effet des prières que font les saints, mais encore l'inspiration et le désir de les faire. Ceux qui vous ont fait sur le canon tant de mauvaises railleries, seront peut-être encore assez ignorants ou assez hardis, pour en faire de beaucoup plus grandes sur ce circuit où l'on nous fait adresser à Dieu, afin qu'il inspire aux saints de prier jiour nous; comme si ce n'élail pas plus tôt fait de demander à Dieu immédialement ce que nous voulons qu'il se fasse demander lui-même par les saints. Mais par ces raisonnements profanes, il faudrait supprimer toule prière, et celle qu'on adresse immédiatement à Dieu autant que toutes les autres; car Dieu ne sait-il pas nos besoins"? ne saitil pas ce que nous voulons quand nous le prions? et n'est-ce pas lui-même qui nous inspire nos prières? Surtout, pourquoi lui demande-l-on quelque chose pour les autres? et poun|uoi prier nos frères de prier [lour nous? Le fcronl-ils comme il faut, si Dieu ne leur en inspire la volonté? A quoi bon ce circuit avec Dieu? et n'est-ce pas le plus

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