‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 363 sur 631 · Joan., XIV. IS. — -2. Jocin., xx. 13. —3, Marc, xiv · texte numérisé non relu

Joan., XIV. IS. — -2. Jocin., xx. 13. —3, Marc, xiv

est, et de lui devenir semblable, comme nous disait tout à l'heure son disciple bien-aimé?

C'est le sens de cette parole , Le cœur en haut ; et le peuple ayant répondu. Nous l'avons élevé au Seigneur, on continue en disant, Rendons grâces au Seigneur notre Dieu ; par où non-seulement on confesse que cela même qu'on a élevé son cœur à Dieu, est un effet de sa grâce, dont il faut le remercier, mais encore on reconnaît que toutes nos prières et nos sacrifices sont fondés sur l'action de grâces, parce que nous avons déjà reçu avec Jésus- Christ, où tout est , le fond de tout ce que nous demandons et attendons; si bien que nos demandes et nos espérances ne tendent qu'à déployer et développer, comme il a déjà été dit, ce que nous avons déjà en Jésus-Christ. Et c'est pourquoi le sacrifice de l'Eucharistie ou d'actions de grâces est le propre sacrifice de la nouvelle alliance; ce qui, loin d'empêcher que ce sacrifice ne soit en même temps propitiatoire et impélraloire, lui donne au contraire ces qualités, dont l'action de grâces est le fondement, ainsi qu'il a été dit'.

XLIV. Parfaite conformité des liturgies grecques et latines ; qu'elles conviennent même aujourd'hui sur l'essentiel de la consécration. — Vous voyez, par toutes les choses que j'ai rapportées, la parfaite unité d'esprit qui règne dans les liturgies de toutes les Eglises chrétiennes. On pourrait rapporter encore beaucoup d'autres choses, qui la marquent si parfailcment, qu'il n'y a pas moyen de douter que toutes ces liturgies ne viennent dans le fond de la même source, c'est-à-dire, des apôtres mêmes : et c'est aussi pour celle raison que les Eglises les ont rapportées aux apôtres, qui ont été leurs fondateurs, comme celle de Jérusalem à saint Jacques, et celle d'Alexandrie à saint Marc; parce qu'encore qu'on y ait ajouté beaucoup de choses accidentelles, le fond n'en peut venir que de ce principe, et qu'on n'y a rien ajouté que de convenable à ce qu'on y trouvait déjà.

Après cela , monsieur, vous devez croire que la diversité qu'on vous a fait remarquer entre la liturgie romaine et celle des Grecs, touchant la conéécralion , n'est pas si grande que vous le pensez ; car d'abord elles conviennent toutes deux à réciter l'institution de l'Eucharistie et les paroles de Notre Seigneur; ce qui se trouve unanimement dans toutes les liturgies sans en excepter une seule. Secondement, elles conviennent encore, comme on a vu, à demander à Dieu qu'il change les dons au corps et au sang de Jésus-Christ; en sorte que la différence , qu'on vous représente si grande entre les églises, est uniquement que l'une a mis devant les paroles de Jésus-Christ celte prière que l'autre y a mise après.

Or, afin de vous faire entendre combien est légère cette différence, il faut encore savoir que, du commun consentement des deux Eglises, la vertu qui change les dons, et en fait le corps et le sang, consiste essentiellement dans les paroles de Notre Seigneur : ce qu'il serait aisé de vous faire voir par la tradition constante des Pères grecs et latins. Mais la chose est si peu douteuse, que les Grecs mêmes d'aujourd'hui qui semblent mettre la forme de la consécration précisément dans la prière où on

Page 1