‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 368 sur 631 · OS'-e, i. 11. — a. Idem, i. S · texte numérisé non relu

OS'-e, i. 11. — a. Idem, i. S

LETTRE PASTORALE SUR LA COMMUNION PASCALE

moi. Vous èles revenus paisiblement à nous, vous le savez. Quand j'ai prêché la sainte parole, le Saint-Esprit vous a fait ressentir que j'étais votre pasteur. Je vous ai vus autour de la chaire avec le même empressement que le reste du troupeau : la saine doctrine entrait dans votre cœur à mesure qu'on vous l'exposait telle qu'elle est; et les doutes que l'habitude, plutôt que la raison, élevait encore dans vos esprits, cédaient peu à peu à la vérité. Vous n'avez pu vous empêcher de reconnaître que j'étais à la place de ceux qui ont planté l'Evangile dans ces contrées : vous les avez révérés en ma personne, quoique indigne. Je ne vous ai point annoncé d'autre doctrine que celle que j'ai reçue de mes saints prédécesseurs : comme chacun d'eux a suivi ceux qui les ont devancés , j'ai fait de même. Regardez tout ce que nous sommes d'évèques autour de vous, et dans toute l'étendue de ce royaume : nous avons tous la même gloire, que nous ne laisserons pas affaiblir. Dans celte succession on n'a jamais entendu un double langage. Les évèques séparés de notre unité, tels que sont ceux d'Angleterre , de Suède et de Danemarck , au moment de leur séparation , ont manifestement renoncé à la doctrine de ceux qui les avaient consacrés. Il n'en est pas ainsi parmi nous : toujours unis à la chaire de saint Pierre, où dès l'origine du christianisme on a reconnu la tige de l'unité ecclésiastique, nous n'avons jamais condamné nos prédécesseurs; et nous laissons la foi des Eglises telle que nous l'avons trouvée. Nous pouvons dire, sans craindre d'être repris, que jamais on ne montrera dans l'Eglise catholique aucun changement que dans des choses de cérémonie et de discipline, qui dés les premiers siècles ont été tenues pour indifférentes. Pour ces changements insensibles qu'on nous accuse d'avoir introduits dans la doctrine; dès qu'on les appelle insensibles, c'en est assez pour vous convaincre qu'il n'y en a point de marqués, et qu'on ne peut nous montrer d'innovation par aucun fait positif. Mais ce qu'on ne peut nous montrer, nous le montrons à tous ceux qui nous ont quittés : en quelque partie du monde chrétien qu'il y ait eu de l'interruption dans la doctrine ancienne, elle est connue; la date de l'innovation et de la séparation n'est ignorée de personne. S'il y avait eu de tels changements parmi nous, les auteurs en seraient nommés; l'esprit de vérité qui est dans l'Eglise les aurait notés, et le nom en serait infâme, comme celui des Arius, des Nestorius, des Pelage, des Dioscore et des Bérenger. Ainsi tout ce qu'on vous a dit de ces insensibles changements dans la doctrine , dont jamais on n'a produit aucun exemple dans l'Eglise chrétienne , n'est qu'une accusation en l'air, qui ne se trouve soutenue par aucun fait; et lorsque vous entendez la doctrine que je vous annonce, et celle que vous annoncent les autres évèques catholiques, vous ne devez nullement douter que vous n'entendiez dans nos discours ceux qui nous ont les premiers prêché l'Evangile, et dans ceux-là les apôtres; et dans les apôtres, celui qui a dit : Allez, enseignez, et baptisez: et roilà je suis avec tous jusqu'à la consommation des siècles '.

Ainsi quand les ministres vous disaient que vous

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