Rép. au Disc, de M. de Cond., pag. 217 et suiv
LETTRE PASTORALE SUR LA COMMUNION PASCALE
sus-Christ étendu sur les idolâtres s'y sont accomplies en les amenant dans une nouvelle idolâtrie; les Ambroise, les Augustin, les Jérôme, les Grégoire de Nazianze, les Basile, et les Chrysostome , que tous les chrétiens ont respectés jusques ici comme les docteurs de la vérité , ne sont pas seulement les sectateurs, mais encore les docteurs et les maîtres d'un culte impie, dont le seul Vigilance s'est conservé pur : tant le christianisme était mal fondé; tant le nom d'Eglise de Jésus-Christ est peu de chose dès les premiers siècles.
Pouvez-vous, mes frères, souffrir des ministres qui déshonorent par de tels opprobres la religion chrétienne? Ce n'est pas le seul outrage qu'ils font à l'Eglise; et sans sortir de la prétendue Lettre pastorale à ceux qui sont tombés par les tourments, vous y trouverez ce blasphème : « Ainsi vit-on dans » les premiers siècles l'Eglise tomber dans une » apostasie semblable à la vôtre, après avoir goiité » les douceurs mortelles du règne du grand Cons- » tantin. » 0 prodige inouï parmi les chrétiens ! Les saints Pères ont reproché aux hérétiques qu'ils apostasiaient en se séparant de l'Eglise; mais que l'Eglise elle-même ait apostasie, qui l'entend sans horreur n'est pas chrétien : et vous ne pouvez regarder comme des pasteurs ceux qui ont proféré un tel blasphème. Mais ce blasphème est inséparable de la Réformation prétendue. Pour pouvoir dire avec quelque couleur qu'il faut sortir de l'Eglise comme d'une Babylone, il faut dire qu'auparavant l'Eglise elle-même avait apostasie. Si on lui eût reproché de moindres crimes que l'idolâtrie, on n'aurait pas pu arracher du cœur des lidèles la vénération qu'ils avaient pour elle; et ce n'était que par de tels excès qu'on en pouvait venir à la rupture.
X. Exhortation aux nouveaux convertis , pour les inviter aux sacrements, et surtout à la sainte Eucharistie. Que la communion sous une espèce est suffisante. Témoignages de M. Clau,de et des autres ministres. — Détestez-la donc, mes frères, et venez de tout votre cœur à notre unité. Commencez par la confession de vos péchés pour en recevoir la pénitence et l'absolution, conformément à cette parole : Recevez le Saint-Esprit ; ceux dont vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; et ceux dont vous retiendrez les péchés, ils leur seront re(c- ?iMs'. Ne croyez pas qu'il suffise, pour accomplir cette parole, de vous annoncer en général la rémission des péchés, comme faisaient les ministres; puisque Jésus-Christ n'a pas dit. Annoncez, mais Remettez ; et qu'il ne s'agit pas de prononcer seulement en général, puisqu'il est ordonné d'user de discernement, et de retenir aussi bien que de remettre. Mais il ne faut pas s'étonner que de faux pasteurs n'osent pas agir suivant les termes de la commission que Jésus-Christ a donnée à ses véritables ministres. Reconnaissez, mes chers frères, quelle est la Réformation, où l'on réforme la commission donnée par Jésus-Christ même, et où l'on Ole avec la confession et le jugement des prêtres, le nerf de la discipline et le frein de la licence.
Ce n'est pas un moindre attentat d'avoir retranché de l'Eglise l'imposition des mains, par laquelle on donne le Saint-Esprit aux fidèles. Ce