‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 408 sur 631 · RÉCIT · texte numérisé non relu

RÉCIT

De ce qid avait été traité entre le ministre Ferry et l'ahhé Rossuet, dans 2>lusieurs conférences particulières qu'ils avaient eues ensemble.

Nous sommes demeurés d'accord que nous étions obligés de part et d'autre de travailler de tout notre pouvoir à remédier au schisme qui nous sépare, el fermer une si grande plaie.

Je lui ai dit que, de noire part, la disposition était plus grande que jamais pour s'y appliquer et en cbcr(;her les moyens;

Que le plus nécessaire de tous élait de nous exi)liquer amiablemenl, et que le temps et l'ex- Iiéricnce ayant montré qu'il y avait beaucoup de malenlendu et de disiiutes de mots dans nos controverses, on a sujet d'espérer que par ces éclair-

A L'EGLISE CATHOLIQUE

cissements elles seront ou terminées tout à fait, ou diminuées considérablement;

Que pour cette raison, un grand nombre de nos théologiens étaient résolus de chercher les occasions de conférer de ces matières avec les ministres que l'on croirait les plus doctes, les plus raisonnables et les plus enclins à la paix; et que l'ayant toujours cru tel, j'aurais grande joie que nous puissions nous ouvrir à fond , comme aussi lui de son coté en a témoigné beaucoup.

Il nous a semblé à tous deux qu'un siècle et demi de disputes devait avoir éclairci beaucoup de choses, qu'on devait être revenu des extrémités , et qu'il était temps plus que jamais de voir de quoi nous pouvions convenir.

Il a trouvé bon et nécessaire d'examiner les causes principales qui ont éloigné de nous ceux de sa communion, et de considérer ce qui serait à expliquer de leur part ou de la nôtre, pour faire qu'ils pussent ou revenir tout à fait à nous , ou du moins se rapprocher.

Nous sommes convenus que la question préalable, et qu'il fallait poser pour fondement, était de savoir si les dogmes pour lesquels ils nous ont quittés détruisaient, selon leurs principes, les fondements du salut.

Etant entrés dans le détail , il a accordé que l'article de la réalité dans l'Eucharistie ne détruisait pas ce fondement, vu que ni nous ni les luthériens ne dénions point la présence de Jésus-Christ dans le ciel, en la manière ordinaire des corps.

Quant à la transsubstantiation, il a reconnu que les siens soutenaient aux luthériens que nous raisonnions en cela plus conséquemraent , qu'ils ne font, et que c'était un des arguments dont ils se servaient contre eux.

Et pour l'adoration, il a dit qu'il ne pourrait ni l'improuver ni la condamner en ceux qui croient la présence de Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement.

Sur le sacrillce de l'Eucharistie, après les explications que je lui ai données par écrit , il est demeuré d'accord qu'il n'y avait plus de difficulté. Et toutefois je n'ai rien avancé qui ne soit approuvé universellement parmi les nôtres; et très-assurément l'Eglise se contentera que nos adversaires en conviennent : ce qui doit donner grande espérance de s'accorder dans les autres points , pourvu qu'on veuille s'entendre; puisqu'on a pu convenir de celui-ci, sur lequel lui-môme avait cru qu'il y aurait le plus de peine.

A l'égard de la justification, il est aussi convenu d'abord qu'en nous entendant bien, toute la question se résoudrait ou à des disputes de mots ou à des choses très-peu nécessaires; en telle sorte qu'il n'y aurait pas de ditTicullé pour cet article, qui est néanmoins le principal et le plus essentiel de tous.

Au sujet des prières adressées aux saints , je l'ai fait souvenir qu'il avait écrit et enseigné formellement dans son Catéchisme, qu'elles n'avaient pas empêché nos pères d'être sauvés , pourvu qu'ils aient mis toute leur confiance en Jésus-Christ; et il est demeuré d'accord de l'avoir ainsi enseigné.

Après que je lui eus exposé ce que dit le concile de Trente', qu'il ne faut point attacher sa confiance aux images, ni croire en elles aucune vertu pour

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