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ÉTAT PRÉSENT DES CONTROVERSES ET DE LA RELIGION PROTLSTANTE
l'undamenlal , c'est de quoi vous avez promis de nous instruire et vous ne faites que le supposer; tant que vous êtes forcé à reconnaître que les principes, pour fermer la bouche au socinien manquent à votre Réforme.
XLI. Que le ministre estàboul sensiblement dans la preuve qu'il entreprend des articles fondamentaux. — El ce qui prouve plus clair que le jour que le ministre ne sait où il en est, c'est ce qu'il ajoute, que « les vérités que les sociniens veulent » ôter à la religion, sont révélées, et clairement «révélées*. » Si elles sont révélées et clairement révélées, si les articles fondamentaux sont si évidents et si aisés à trouver dans l'Ecriture, pourquoi en craignez-vous la discussion pour le peuple? Pourquoi le renvoyez-vous à son goût, à son sentiment? goût et sentiment que vous lui donnez avant môme qu'il ait ouvert l'Ecriture sainte. Continuons : « Ces articles sont clairement révélés , et en même » temps ils sont de la dernière importance. » Mais déjà, pour la vérité et pour l'évidence de la révélation, le ministre déclare souvent dans toutes ses Lettres qu'il n'y veut pas encore entrer. « On voit , » dit-il-, où un tel projet nous mènerait. Au lieu » d'un petit ouvrage à l'usage des moins savants , » il faudrait faire un gros livre qu'à peine les sa- » vants auraient le loisir de lire. » Mais si cette discussion est si difficile aux savants mêmes , combien est-il manifeste que les moins savants s'y perdraient? Que fera-t-il donc? Il se réduira à deux articles, qui est celui de la dixinité de Jésus-Christ et de sa satisfaclion. Mais songera-t-il du moins à vous en prouver la vérité? Point du tout ; il va entreprendre de vous en prouver l'importance'^, et vous en fera voir la vérité dans une seconde partie qu'il ne trouve pas à propos de traiter. Voilà celte rare méthode. Il vous prouvera qu'un article est important avant que de vous montrer qu'il est véritable et clairement révélé. C'est où se termine aujourd'hui toute la théologie réformée.
XLIl. Quelle preuve les tolérants demandaient à M. Jurieu sur l'évidence des articles fondamentaux , et que ce ministre n'a rien eu à leur répondre. — Vous direz peut-être, mes frères, que votre ministre, sans vouloir entrer dans le fond, suppose la vérité et l'évidence de la révélation , comme une chose dont les tolérants qu'il attaque demeurent d'accord. Mais visiblement il leur impose : au contraire, l'auteur des Avis, auteur que votre ministre voulait réfuter, avait raisonné en cette sorte : « Je » pose , lui avait-il dif*, le principe de la réforma- » tion qui est celui du bon sens : c'est que Dieu » ayant donné sa parole aux hommes afin de les » conduire au salut, et Dieu appelant à ce salut » beaucoup plus de peuple que do grands et de sa- « vants, il s'ensuit nécessairement que ceux du » peuple qui ne sont pas privés entièrement de » sens commun , peuvent se déterminer sur ces ob- » jets fondamentaux par la lecture de la parole de 1) Dieu. » Ce principe présupposé , il raisonne ainsi : « Cela étant, il me semble que l'on en peut » conclure que tous ces dogmes sur lesquels les » savants ont tant de peine à se déterminer, quoi- 1) qu'ils travaillent de bonne foi à leur salut , ne
1. Pag. 123. — 2. Idem. — 3. Tab., Let!. il. suiv.; Avis sur le Tableau^ art. ii,p. 20.