Cor., XI, 29. — 2. Tab., Li-U. m, p
ÉTAT PRÉSENT DES CONTROVERSES ET DE LA RELIGION PROTESTANTE
vternclks : et les luthériens ne vous reprochent-ils pas que vous ôtez aussi ces motifs par votre certitude du salut et voire inamissibililô de la justice? Quelle dilTcrence mettez-vous entre ôter les peines éternelles , et obliger le Adèle à croire avec une entière certitude qu'elles ne sont pas pour lui , puisqu'en quelque excès qu'il tombe, il est assuré de ne mourir pas dans son péché? Le socinien ôtela consolation : demandez au luthérien s'il ne trouve point de consolation dans la foi de la présence réelle, et s'il ne vous accuse pas de ravir aux enfants de Dieu cet exercice de leur foi, et ce doux soutien de leurs âmes durant leur pèlerinage. Vous accusez le socinien de nier le mérite de Jésus-Christ et de sa mort : le socinien ne le nie pas absolument. Vous argumentez, et vous dites qu'il nie le mérite par voie de satisfaction; ce qui est en quelque façon le nier : et n'est-ce pas aussi le nier en quelque ï'açon , et encore d'une façon très-criminelle , que de croire avec les luthériens le commencement du salut indépendant de la grâce que cette mort nous a méritée ? Et d'ailleurs que répondrez-vous à vos frères les Anglais proteslaats et à cette opinion qu'on ditseglis'ter parmi eux? Mais quelle est cette opinion que vous coulez si doucement? « C'est, » dites-vous ', que Jésus-Christ n'a pas proprement » satisfait pour nos péchés, et qu'il n'est pas mort » atin que ses souffrances nous fussent imputées. » Voilà cette opinion qui se glisse en Angleterre , selon le ministre. « Sur quoi , poursuit-il , ils tour- » nent en ridicule, à ce qu'on m'écrit, la justice 0 imputée, avec autant de violence que les papistes » ignorants. » Ces théologiens dont on vous écrit, qui nient ouvertement que Jésus-Christ ail proprement satisfait, et tournent en ridicule votre justice imputée avec autant de violence que pourrait faire un papiste, apparemment ne se cachent pas. Vous avez peine, dites-vous, à distinguer cette théologie de l'impiété des sociniens , et vous souhaitez qu'on la flétrisse : mais cependant on ne dit mot à des gens qui nient si ouvertement la satisfaction de Jésus-Christ ; on laisse glisser cette opinion parmi les docteurs, d'où elle passera bientôt au peuple; et l'Eglise anglicane ne se croit pas obligée de régler ses censures par vos décisions. Criez tant que vous voudrez que ces articles sont révélés et clairement révélés; vous en devez dire autant de tous les articles q«e vous soutenez contre les luthériens : et si enfin vous répondez que les articles que vous opposez au luthéranisme, à la vérité sont révélés et clairement révélés, mais qu'ils ne sont pas pour cela fondamentaux ni de l'importance qu'il faut pour être nécessaires au salut; nous en voilà donc revenus à examiner l'importance des articles révélés. Par quelles règles et sur quels principes? Le ministre n'en a aucun à nous donner; et dans sa cinquième Lettre, où il fait les derniers efforts pour éclaircir cette matière, après avoir épuisé toutes ses subtilités , il n'y voit plus autre chose à faire que d'en revenir enlin à compter les voix, comme il l'avait déjà proposé dans sa troisième Lettre.
XLVII. Le ministre encore une fois sensiblement forcé à demeurer court sur les points fondamentaux. — ■ Mais plus il s'explique sur cette matière, plus son embarras est visible; car voici ce qu'il