Tab., Lett. vm.p. 57S
écrit dans celte cinquième Lettre : « Il se peut donc «faire, dit-il', qu'il y ait en effet quelques per- » sonnes qui soient aveuglées à ce point de pouvoir » croire que la divinité de Jésus-Christ et sa satis- » faction sont des vérités; mais que ce ne sont pas » des vérités essentielles à la religion chrétienne. » Mais nous ne croyons pas que cet entèlement » puisse aller loin ni s'étendre à beaucoup do per- » sonnes : » à cause, dit-il, que c'est un élat trop violent « de croire que certaine personne soit Dieu, » et de croire qu'on ne lui fait pas de tort en le » regardant comme une créature. » Voilà votre dernier refuge : vous en appelez au grand nombre, et vous voulez que les tolérants demeurent toujours le plus petit. Mais si ce torrent vous inonde, si l'expérience réfute vos raisonnements, et qu'enfin la tolérance l'emporte, où en serez-vous? Or certainement, au train qu'elle prend, il faudra bien qu'elle prévale, si vous n'avez à lui objecter que le petit nombre de ceux qui la suivent , c'est-à-dire selon la Réforme une autorité purement humaine , et le plus faible de tous les secours. Qu'ainsi ne soit : écoutons la suile^. « On doit savoir que nous por- » tons ce jugement » (que le nombre des tolérants sera toujours le plus petit) « des docteurs et des » théologiens; car autrement je suis bien persuadé » qu'il y a mille et mille bOiNNEs gexs dans les » communions de nos sectaires qui unissent fort » bien ces deux propositions : Jésus-Christ est Fils » éternel de Dieu ; mais il n'est pas nécessaire de le » croire pour être saucé. Car de quoi ne sont pas » capables les peuples et les gens qui ne sont pas » de profession a s'appliquer, ni de capacité a pé- » NÉTRER? Et même entre ceux qui sont appelés