CH.\PITRE XXXVIII
Des Traditions, ou de la parole non écrite.
Que de procès sur cette matière ! On pourra faci-
PROJET DE RÉUNION ENTRE LES CATHOLIQUES
k'menl les accommoder, en disant que la question entre nous et les catlu)li(|ues n'est pas, s'il y a des traditions, mais s'il y a des articles nécessaires à salut qui ne soient point dans l'Ecriture, ou qui ne s'en puissent pas tirer i)ar de bonnes conséquences. C'est ce dernier que les protestants nient; mais ce qu'il y a [larnii eux de gens modérés, demeurent d'accord <]uc nous devons à la Tradition, non-seulement l'Ecriture , mais encore son sens véritable et orthodoxe dans les arlicles fondamentaux; pour ne point parler des autres choses que Calixle, Horneius et Chcinnicius ont avoué il y a longtemps, qu'on ne peut connaitre que par ce moyen. Certainement ceux des protestants qui reçoivent après le Symbole des apôtres et celui de saint Atlianase, les cinq premiers conciles généraux, avec les conciles d'Orange et de Milève, avec le consentement du moins des cinq premiers siècles, pour second principe de théologie; en sorte que les articles fondamentaux ne puissent être expliqués autrement qu'ils l'ont été par le consentement unanime des docteurs, n'auront guère de quoi disputer avec l'Eglise romaine.
On voit, par cet essai, combien il sera facile de terminer beaucoup de controverses par des déclarations ou des tempéraments, pourvu que de part et d'autre on ne se fasse pas un point d'honneur de soutenir son sentiment, ou qu'on ne s'oppose pas à un dessein si pieux, par un zèle qui ne serait pas selon la science.