CHAPITRE XXXIX
Le concile.
Que s'il reste encore des articles qu'on ne puisse pas concilier, il faudra en venir au concile, lequel.
Premièrement, sera assemblé par le Pape, aussi général que le temps le pourra permettre.
Secondement , ce concile ne s'en rapportera pas aux décrets du concile de Trente, ou de ceux où les dogmes des protestants auront été condamnés.
Troisièmement, on n'assemblera ce concile qu'après avoir accompli ces trois conditions : la première est l'accomplissement de ce qui a été proposé dans cette méthode, ou le sera dans quelque autre de même nature; comme, par exemple, l'acceptation de nos six demandes, par la louable condescendance du souverain Pontife, sans quoi l'on n'ôtera jamais les obstacles, qui jusqu'ici ont empêché la réunion et l'empêcheront éternellement, si l'on n'y pourvoit par cette méthode ou quelque autre semblable : la seconde est la tenue de l'assemblée convoquée par l'empereur, et son heureux succès : la troisième est la réception des prolestants dans l'unité de l'Eglise romaine , nonobstant le reste de leurs dissensions sur la communion sous les deux espèces et les questions qui seront terminées dans le concile.
Quatrièmement, on agira dans ce concile selon les canons, et en particulier nul n'y aura voix que les évoques ; ce qui fait voir qu'avant la célébration du concile, et incontinent après la réunion préliminaire, il faudrait, pour alfermir cette union, que le Pape reconnut les surintendants pour vrais évoques, atin d'être ensuite appelés au concile général, non point comme parties, mais comme juges compétents, et y avoir droit de suffrage avec les évoques catholiques romains.
Cinquièmement, un tel concile aura pour fondement et pour règle, la sainte Ecriture et le consentement unanime du moins des cinq premiers siècles, et encore le consentement des sièges patriarcaux d'aujourd'hui, autant ([u'il sera possible.
Sixièmement, les docteurs disputeront dans ce concile, et les évèques résoudront à la pluralité des voix; en sorte qu'on se souvienne, avant toute chose , de cet avertissement de saint Augustin' : « Qu'on dépose de part et d'autre toute arrogance : » que personne ne dise qu'il a trouvé la vérité, » mais qu'on la cherche, comme si les uns ni les » autres ne la connaissaient point encore. Car on » la pourra chercher avec soin et avec concorde , si » l'on ne croit pas avec une téméraire présomption » qu'on l'a trouvée et cherchée. »
Septièmement, après la lin du concile et la publication de ses canons, les deux parties seront tenues d'acquiescer à la décision sous les peines portées par les canons.