‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 50 sur 631 · LX. Que cet aceu du ministre démontre que · texte numérisé non relu

LX. Que cet aceu du ministre démontre que

1. De rUn., Tr. 6, c. 0; Idem, p. 261 . — 2. Acl., \iv. 3. Sysl., liv. II, c. 1, ;). 237. — 4. Letl. x, p. 79.

ni

l'accusation qu'il nous fait sur l'idolâtrie est une manifeste calomnie. Aieu formel du ministre sur l'unirersalité du culte qu'il prétend idolâtre. — Mais s'il est ainsi , mes chers frères, s'il n'est pas possible à Dieu (après ses promesses) de laisser tomber les grandes sociétés chrétiennes dans le socinianisme, comment peut-on imaginer qu'il les ait laissé tomber dans l'idolâtrie? C'est néanmoins ce qui serait arrivé, si c'était une idolâtrie d'invoquer les saints, et d'en honorer les reliques comme fait l'Eglise romaine; puisqu'il est certain que cette pratique lui est commune avec les Grecs, les Nestoriens, les Eulychiens, et en un mol avec toutes les communions que M. Jurieu a rangées parmi les grandes communions des chrétiens.

Et il ne faut pas répondre que les luthériens et les calvinistes qui sont aussi de grandes sociétés s'opposent à cette doctrine : car il faut prendre les choses comme elles étaient avant votre séparatioa il y a environ deux cents ans. Or en cet état, mes frères, cette invocation des saints était universelle parmi les chrétiens : le fait est constant : M. Jurieu en convient : « Il y a deux cents ans, dit-il ', qu'on » eut eu bien de la peine de trouver une commu- » nion qui n'eût pas invoqué les saints. » Par conséquent, de deux choses l'une : ou Dieu avait laissé tomber non pas une communion , mais toutes les communions chrétiennes dans l'idolâtrie, ou c'est une calomnie de donner ce nom à l'invocation des saints dont nous usons.

Et il ne sert de rien de répondre, que ce ministre ne dit pas absolument qu'il n'y avait point de communion qui n'invoquât pas les saints: mais qu'on eût eu de la peine à en Iroucer; car celte expression ne sert qu'à faire voir qu'il voudrait bien pouvoir déguiser un fait qui l'accable. En effet, il est bien constant que s'il y avait eu alors quelque grande société qui n'eut pas invoqué les saints , on n'eût point eu de peine à la trouver : ces grandes sociétés éclatent aux yeux de tout le monde; et leur culte, aussi public que la lumière du soleil , ne peut être ignoré ; ainsi on n'a point de peine à le trouver pour peu qu'on le cherche.

C'est donc en elfet , mes frères , qu'avant votre séparation il n'y avait point de pareilles sociétés chrétiennes, où l'on n'invoquât pas les saints : vous n'oseriez nous compter pour quelque chose les vaudois réduits à quelques vallées , et quelques hussites renfermés dans un coin de la Rohème; car il faudrait nous trouver de grandes sociétés, des sociétés étendues , et qui fissent figure datis le monde, comme parle votre ministre- : or celles-ci, loin d'être étendues, étaient réduites à de petits coins de trèspetites provinces, et ne faisaient non plus de ligure dans le monde que les sociniens, qui, selon le même ministre, n'en ont jamais fait, malgré les Eglises qu'ils ont eu dans la Pologne, et qu'ils ont peut-être encore en Transilvanie.

LXI. Le ministre, contraint de se dédire de l'infaillibilité qu il accordait au consentement actuel de tous les chrétiens , retombe dans les mêmes embarras, en proposant pour règle infaillible le consentement des siècles pas.^és. — C'est ici que le ministre accablé ne veut plus que le consentement actuel des so-

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