AVANT-PROPOS
Oii, L'on explique l'ordre et le dessein de ces réflexions.
L'ÉCBIT de M. l'abbé Molanus est divisé en deux parties ; dans la première, il propose les moyens de parvenir à une réunion, qu'il appelle préliminaire : dans la seconde, il entre dans le fond des matières; et après avoir concilié les plus imjiortantes, il renvoie les autres au concile général, dont il marque les conditions.
Je ne vois rien dans cet écrit de plus essentiel , ni qui facilite plus la réunion, que la conciliation de nos controverses les plus imporlantes , faite par l'illustre et savant auteur; et c'est ce qu'il faut poser comme un fondement solide de la réunion; après quoi, l'on considérera ce qui regarde le procédé qu'on devra tenir en tout le reste qui sera jugé nécessaire.
Je commencerai donc par cet endroit-là, et je démontrerai d'abord que si l'on suit les sentiments de M. Molanus, la réunion sera faite ou presque faite; en sorte qu'il ne lui reste plus qu'à faire avouer sa doctrine dans son parti , pour avoir véritablement prouvé que la réunion qu'il propose n'a point de dilTiculté.
Pour procéder avec ordre , et me rendre plus intelligible, je divise nos controverses en quatre chapitres : le premier, de la Justilication : le second , des Sacrements : le troisième, du Culte de Dieu
et des Rils ou Coutumes ecclésiastiques ; le quatrième et dernier, des moyens d'établir et de confirmer la fui, où l'on traitera de l'Ecriture, de l'autorité de l'Eglise et des traditions.
On va voir, dans ces quatre chapitres, les articles les plus essentiels conciliés par M. l'abbé Molanus; et alln qu'on ne pense pas que les avances que la vérité et la charité lui font l'aire, viennent en lui d'un esprit particulier, je montrerai en môme temps qu'elles sont conformes aux livres symboliques de ceux de la Confession d'Augsbourg, que j'appellerai Luthériens, pour abréger le discours , et aussi parce qu'ordinairement ils ne s'ofî'ensent pas de ce nom.
Ils appellent livres symboliques ou authentiques, ceux qui tiennent lieu parmi eux de Confession de foi , dans lesquels sont compris la Confession d'Augsbourg avec son Apologie, écrite par Mélanchton, et souscrite de tout le parti, les articles de Smalcalde pareillement souscrits de tout le parti, Luther étant à la tète, et la petite Confession du même Luther, qui est rangée parmi les livres les plus authentiques. Ce sont les Actes que je citerai dans cet écrit pour garants de la doctrine que j'attribuerai aux Eglises luthériennes.