Apot.fP. 15. — 2. Cont. art. Lovan., arl. 2S
PnoJI'T DE RÉUNION ENTRE LES CATHOLIQUES
«table sacrillco,- et même proprement dit d'une » certaine nianiôre. » Il n'y a là que le peut-être à oter, pour nous accorder ce que nous demandons. Car si l'auteur parait avoir quelque peine d'avouer, sans restriction, que c'est ici un sacrilice proprement dit, il déclare que c'est par rapport à l'acceptation du mot de sacrilice, selon laquelle il enferme la mort et l'occision effectioe de la victime. Mais au reste, qui peut douter que la présence de Jésus- Christ ne soit par elle-même agréable à Dieu? que le lui rendre présent de cette sorte, ne soit en eU'el le lui oITrir de cette manière incompréhensible que l'auteur admire; de sorte que la doctrine de la présence réelle infère naturellement celle du sacrifice; et si nous considérons tout ce qu'allègue l'auteur pour l'établir, assurément le peut-être n'aura plus de lieu ; puisqu'il a rapporté huit ou dix passages des Pères les plus anciens, et des Eglises entières, où le sacrilice de l'Eucharistie est appelé « un très-véritable et singulier sacrilice : une im- » molation invisible du corps de Jésus-Christ, qui » en devait précéder la manducation extérieure et » sensible : une oblation qui a succédé à toutes » celles de l'ancienne alliance, où la vérité de l'o- » blation subsiste dans son entier, n'y ayant que la » forme qui en soit changée; » et le reste, qu'on peut voir dans son savant écrit. Il conclut donc que (I si les protestants veulent parler comme les Pères, » il n'y aura plus rien ici qui nous arrête. » En elîet, la force de la vérité a obligé l'Apologie à louer en plusieurs endroits la liturgie ou la messe grecque, conçue dans le même esprit, aussi bien que dans les mêmes termes que la latine; puisque partout on ne cesse d'y inculquer l'oblation du corps et du sang de Jésus-Christ comme d'une victime salutaire.
Des messes privées.
VIII. Seiillment de notre auteur et de tout le parti luthérien. — Quelque aversion que les protestants témoignent pour les messes sans communiants, qu'on appelle les messes privées, il est certain toutefois qu'ils en ont conservé l'usage. L'auteur a rapporté, comme un fait constant et reçu » dans leurs églises, que lorsqu'il n'y a point » d'assistants, les pasteurs ne laissent pas de se » communier eux-mêmes. »
Il est vrai qu'il allègue ici le cas de nécessité; mais il n'y a personne qui ne voie que si Jésus- Christ avait défendu de prendre la Cène de cette sorte, il vaudrait mieux ne point communier, que de communier contre son précepte , d'autant plus que notre auleur soutient dans son écrit, qu'il n'y a point de commandement absolu de communier; mais qu'il y en a un très-exprès, supposé que l'on communie, de le faire selon les termes de l'institution; ce qui montre que dans sa pensée et dans celle des autres protestants, pour sauver le fond de l'institution, il sulTit de dresser la table de Notre Seigneur, et d'inviter les fidèles à son festin, comme le concile de Trente l'a pratiqué'; n'étant pas juste que la table du grand père de famille ne se tienne pas, ou que les (lasteurs cessent d'y participer, sous prétexte que les assistants s'en retirent, ou par respect, ou autrement.