Ci-dessus, ch. vi , n
Quatrièmement : sans rien alléguer contre le concile de Constance qui all'aiblit ou détruisit les conciles en général, comme serait qu'ils ont été leurs parties, ils se plaignaient seulement de n'y avoir point été ouïs, à quoi il était aisé de remédier à Bâle en les écoutant. Mais aujourd'hui les protestants, qui ne peuvent pas faire celte plainte, puisqu'il n'a tenu qu'à eux d'être ouïs, et qu'on leur a donné tous les sauf-conduits et sûretés nécessaires en la forme qu'ils ont souhaitée, apportent pour toute exception, ou du moins comme leur exception principale, qu'il ne leur sulTit pas d'être ouïs en toule sûreté comme parties; mais que les pasteurs qu'ils ont établis, sans qu'ils aient élé ordonnés par des évèques, ont le même droit déjuger que ceux qui ont gardé la succession, et sont demeurés dans leurs places sans rien innover; ce qui emportant l'invalidité de tous les jugements ecclésiastiques, les oblige aussi, non à rejeter un certain concile pour des raisons particulières , comme ils disent , mais tous les conciles depuis environ mille ans, sans alléguer aucune raison pour attribuer plus de force à ceux qui ont précédé ou qui suivront.
En cinquième lieu : il ne s'agissait que d'un seul article avec les calixtins; et l'on a vu que cet article, par les principes posés, élait aisé à régler, ou plutôt qu'il était déjà préjugé par les termes mêmes de l'accord et par la croyance, qui était commune entre les parties de l'infaillibilité de l'Eglise; mais il n'y a point de question que les protestants n'aient remuée , ayant même renversé les fondements de l'Eglise, en ébranlant la promesse de l'assistance perpétuelle du Saint-Esprit; et pour tenir en suspens les décisions faites contre eux, il faudrait, pour ainsi parler, refondre l'Eglise tout entière.
Enfin, bien qu'on ait eu la condescendance de ne point parler aux calixtins du concile de Constance , qui leur faisait peine, ils se soumettaient eux-mêmes à l'équivalent, c'est-à-dire, au concile de Bâle, qui, comme on a vu', était assemblé en vertu d'un de ses canons, c'est-à-dire , du chapitre Frequens ; el qui d'ailleurs, non content de la profession qu'il faisait de se régler selon les maximes de ce même concile, s'était encore expliqué sur le décret en question, en déclarant qu'il le tenait pour inviolable; en sorte qu'il était noloire que se soumettre aux Pères de Bâle, c'était au fond, et comme on parle , équivalemment recevoir celui de Constance ; au lieu qu'on ne peut attendre du concile que les protestants nous proposent, que toutes sortes de divisions; puisqu'on le compose de parties directement opposées sur cent matières de foi, où l'on croit voir de part et d'autre la subversion entière du christianisme; et que d'ailleurs on ne craint point de nous demander la suspension de tout ce qui a été fait depuis mille ans, comme si durant tout ce temps, il n'y avait point eu de christianisme ni d'Eglise véritable.
Ainsi l'exemple du concile de Bâle étant infiniment éloigné du cas que l'on nous propose, on ne peut rien conclure en faveur des prolestants; et au contraire, comme cet exemple fait voir le dernier point où la charité maternelle de l'Eglise peut porter sa condescendance, il fait voir en même temps que ce qu'on demande au delà est impraticable.