‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 566 sur 631 · DU MÊME A .M»' DE BRLNON · texte numérisé non relu

DU MÊME A .M»' DE BRLNON

Je voudrais , dans les matières importantes, un raisonnement tout sec, sans agrément, sans beautés , semblable à celui dont les gens qui tiennent des livres de compte, ou les arpenteurs se servent à l'égard des nombres et des lignes. Tout est admirable dans M. de Meaux et M. Pelisson : la beauté et la force de leurs expressions, aussi bien que leurs pensées, me charment jusqu'à me lier l'entendement. Mais quand je me mets à examiner leurs raisons en logicien et en calculateur, elles s'évanouissent de mes mains; et quoiqu'elles paraissent solides, je trouve alors qu'elles ne concluent pas tout à fait tout ce qu'on en veut lirer. Plût à Dieu qu'ils pussent se dispenser d'épouser tous les sentiments de parti! On a souvent décidé des questions non nécessaires. Si ces décisions se pouvaient sauver par des interprétations modérées, tout irait bien. On ne pourra du moins , ce semble , guérir les défiances des protestants que par la suspension de certaines décisions. Mais la question est, si l'Eglise en pourra venir là sans faire tort à ses droits. J'ai trouvé un exemple formel, où l'Eglise l'a pratiqué ; sur quoi nous attendons le sentiment de M. de Meaux et de M. Pelisson, et surtout le reste de l'écrit de M. Molanus.

Nous espérons que tant nos écrits que les censures seront ménagées et tenues secrètes, hors à des personnes nécessaires : publier ces choses sans sujet , c'est en empêcher l'effet. C'est pourquoi madame la duchesse a été surprise de voir par la lettre de madame sa somr, l'abbcsse de Maubuisson, (|u'on pensait à les imprimer : peut-être y a-l-ildu malentendu'. En tout cas, je vous supplie, Madame, de faire connaître l'importance du secret; afin que ni M. l'évoque de Neustadt ni M. Molanus n'aient sujet de se plaindre de moi.

Ce 3 juillet 1692.

1. M. de Meaux ayant promis de traduire en français ses Réflexions nomposées en latin pour les théologiens de Hanovre, (îomrao il fit un effet en faveur de madame la duchesse de Hanovre, cela fit croire que c'était pour les imprimer; ce qu'il n'avait pas dessein défaire, et ce qu'il ne fit pas non plus. {Ed. de Paris.)

ET LES PROTESTANTS D'ALLEMAGNE

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