‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 567 sur 631 · LETTRE XIIL DE M^- DE BRINON A BOSSUET · texte numérisé non relu

LETTRE XIIL DE M^- DE BRINON A BOSSUET

Voila, Mouseigneur, une lettre que j'ai reçue de M. Leibnitz depuis deux heures; je l'eavoie aussitôt à notre clier ami M. Pelisson , pour vous la faire tenir. Je crois qu'il est bon que vous lisiez la lettre qu'il m'écrit, dont je tire un bon et un mauvais augure, selon qu'il est plus ou moins sincère. C'est un homme dont l'esprit naturel combat contre les vérités surnaturelles, et qui attribue à l'éloquence les traces que la vérité fait dans son esprit : mais quand la grâce voudra bien venir au secours de ses doutes, j'espère, Monseigneur, qu'il sera moins vacillant. Je mande à M. Pelisson la route que je voudrais bien que pût prendre votre réponse à ^L Molanus. J'espère que Votre Grandeur nous l'aura fait traduire; et c'est cette traduction qui a fait l'équivoque dont M. Leibnitz se plaint. Je suis persuadée, ]\Ionseigneur, que plus cette atïaire se rend difficile , et plus votre courage augmente pour la soutenir. C'est une œuvre qui doit être traversée : mais avec tout cela j'espère qu'elle réussira, et que Dieu bénira votre zèle et celui de M. Pelisson, qui est capable de faire un miracle, s'il est joint à la foi qui est nécessaire pour son accomplissement. Je vous demande. Monseigneur, votre bénédiction et la participation que vous m'avez promise en vos prières et en vos bonnes grâces. De ma part, je prie Dieu qu'il vous conserve, et qu'il vous sanclilie de plus en plus.

Sœur DE Bkinon.

Ce juillet 1692.

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