Conradi.rlc, §i, p. 25,28.-2. Jdem, §i,n 0,p.3i
ce serait ôlre trop novice en cette matière , que d'ignorer que ces hérétiques n'en demandent pas davantage. Ces sociniens qu'on apiielle modérés, c'està-dire dans la vérité, les plus déliés et les plus zélés de cette secte, ne vous iront pas dire à découvert , que le Fils ou le Saint-Esprit, à proprement parler, ne sont pas Dieu. Ils vous diront simplement qu'ils n'osent assurer qu'ils le soient, ni mieux parler que le Saint-Esprit, ou se servir de termes qui ne soient pas dans l'Ecrilure. Ils tiennent le même langage sur tous les autres mystères. Au reste , vous diront-ils avec un air de modestie qui vous surprendra , ils ne veulent pas faire la loi , ni imposer à personne la nécessité de les en croire : trop heureux qu'on veuille bien les supporter, du moins à titre d'infirmes. Car, après tout, que leur importe sous quel nom ils s'insinuent dans les Eglises? Dès qu'on leur permet de douter, on lève toute l'horreur qu'on doit avoir de leurs dogmes : l'autorité de la foi est anéantie, et il n'y a plus qu'à tendre le bras à toutes les sectes.
GVII. Démonstration que cette doctrine est inséparable du protestantisme , et ne peut être détruite que par les principes de l'Eglise catholique. — On voit donc en tontes manières que la pente de la Réforme c'est l'indifl'érence. Car, à ne point se flatter, elle doit sentir que la doctrine qu'on vient de voir est tirée de ses principes les plus essentiels et les plus intimes. En ell'ei, que pourrait-elle répondre à ces docteurs, lorsqu'ils objectent que d'imposer aux consciences la nécessité de souscrire à des expressions qui ne sont pas de l'Ecriture, c'est leur imposer un joug humain; c'est déroger à la plénitude et à la perfection des saints Livres, et les déclarer insuflisants à expliquer la doctrine de la foi; c'est attribuer à d'autres paroles qu'à celles de Dieu la force de soutenir les consciences chancelantes^? Mais si l'on admet ces raisonnements tirés du fond, et pour ainsi dire, des entrailles du protestantisme, les fraudes des hérétiques n'ont point de remède , et l'Eglise leur est livrée en proie. Il faut donc avoir recours à d'autres maximes ; il faut croire et confesser avec nous l'assistance perpétuelle de l'esprit donné à l'Eglise , non-seulement pour conserver dans son trésor, mais encore pour interpréter les Ecritures. Car si l'on n'est assuré de celte assistance, l'Eglise pourra se tromper dans ses interprétations : on ne saura si le consubstanliel est bien ou mal ajouté au Symbole : on ne pourra y souscrire avec une entière persuasion, ou, comme parle saint Paul, avec la plénitude de la foi^ : on sera contraint d'en demeurer aux termes dont les hérétiques abusent, et on n'aura rien à dire à ceux qui oITrironl de souscrire à l'Ecriture; ce que nulle secte chrétienne ne refusera.
CVIII. Vaine réponse détruite : preuve, par le témoignage des réformateurs , que la doctrine des indifférents est du premier esprit de la Réforme : le consubstanliel méprisé et les sociniens admis. — Il ne sert de rien do ré|)liquer que ces auteurs ou quelques-uns d'eux sendjlent reconnaître « qu'on a » \m très-rarement et avec le consentement una- » nime de toute l'Eglise ajouter à l'Ecriture quel- » cjues locutions ou quelque phrase , à condition