‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 60 sur 631 · Conradi , etc., § 4, p. 30. — 2. Rom., iv. 20; Heb., \i · texte numérisé non relu

Conradi , etc., § 4, p. 30. — 2. Rom., iv. 20; Heb., \i

ÉTAT PRÉSENT DES CONTROVERSES ET DE LA RELIGION PROTESTANTE

» que l'équipoUence de ces locutions avec celles de » l'Ecriture serait manifeste et presque sans con- » troverse'. » Car cela visiblement ce n'est rien dire; puisque si ces expressions n'ajoutaient rien du tout à l'Ecriture , et ne servaient pas à serrer de plus près les hérétiques, on les introduirait en vain : et toujours, quoi qu'il en soit, pour obliger les chrétiens à les recevoir, il faudrait présupposer une entière et indubitable infaillibilité « dans le » consentement unanime de l'Eglise, et même dans » un consentement qui serait presque sans con- 1) troverse, » et de la plus grande partie : ce qui ne peut convenir avec l'esprit de la Réforme. C'est poufquoi dès son origine elle a répugné à toutes ces additions et interprétations de l'Eglise. Il n'y en eut jamais de plus nécessaire à fermer la bouche aux ennemis de la divinité de Jésus-Christ que celle du consubstantiel. Voici néanmoins ce qu'en dit Luther^ : « Si mon àme a en aversion le terme de » consubstantiel , il ne s'ensuit pas que je sois hé-

» rétique Ne me dites pas que ce terme a été

» reçu contre les ariens : plusieurs et des plus cé- » lèbres ne l'ont pas reçu , et saint Jérôme souhaij tait qu'on l'abolit. » C'est imposer à saint Jérôme : c'est mentir à la face du soleil que de parler de cette sorte, à moins de vouloir compter parmi les plus excellents hommes de l'Eglise les ariens et les demi-ariens, qui seuls se sont opposés au consubstantiel de Nicée. Luther continue : « Il faut » conserver la pureté de l'Ecriture : que l'homme » ne présume pas de prononcer de sa bouche quel- » que chose de plus clair et de plus pur que Dieu » n'a fait de la sienne. Qui n'entend pas la parole » de Dieu, lorsqu'il s'explique par lui-même des 1) choses de Dieu , ne doit pas croire qu'il entende » mieux l'homme, lorsqu'il parlera des choses qui » lui sont étrangères. » C'est précisément ce que nous disaient les auteurs qu'on vient de citer; et on voit plus clair que le jour qu'ils n'ont fait que prendre le sens et répéter les paroles du chef de la Réforme. Il poursuit : « Personne ne parle mieux » que celui qui entend le mieux le sujet dont il » parle. Mais qui pourrait entendre les choses de » Dieu mieux que Dieu même? Qu'est-ce que les » hommes sont capables d'entendre dans les choses » divines? Que le misérable mortel donne donc » plutôt gloire à Dieu, en confessant qu'il n'entend » pas ses paroles , et qu'il cesse de les profaner » PAR des termes nouveaux et particuliers, afin » que l'aimable sagesse de Dieu nous demeure » toute pure et dans sa forme naturelle. » On voit par là , qu'en conséquence des fondements sur lesquels il avait bâti sa Réforme, il regarde comme opposé à la sagesse de Dieu le terme de consubstantiel ajouté à l'Ecriture dans le Symbole de la foi , et traite de profanation et de nouveauté cette addition si nécessaire du concile de Nicée.

Selon ce même principe Calvin a improuvé dans ce concile Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu du vrai Dieu, comme nous l'avons remarqué ailleurs : et dans un autre endroit il donne pour règle, « que lorsqu'il s'agit de Dieu, nous ne devons » pas être moins scrupuleux dans nos expressions » que dans nos pensées; parce que tout ce que » nous pouvons penser par nous-mêmes d'un si

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