loan., V. 7, S
ET LES PROTESTANTS D'ALLEMAGNE
Quant au premier point, vous supposez, avant toutes choses, comme indubitable, que tout article de foi doit être une vérité révélée de Dieu; de quoi je conviens sans difTiculté : mais vous venez à deux questions, dont l'une est : « Si Dieu en a seulement » révélé autrefois, ou s'il en révèle encore; » et la seconde : « Si les révélations d'autrefois sont toutes » dans l'Ecriture sainte , ou sont venues du moins » d'une tradition apostolique, ce que ne nient point » plusieurs des plus accommodants entre les pro- » testants. "
Je réponds sans hésiter, Monsieur, que Dieu ne révèle point de nouvelles vérités qui appartiennent à la foi catholique , et qu'il faut suivre la règle de la perpétuité, qui avait, comme vous dites très-bien, passé pour la règle de la catholicité , de laquelle aussi l'Eglise ne s'est jamais départie.
Il ne s'agit pas ici de disputer de l'autorité des traditions apostoliques; puisque vous dites vousmême, Monsieur, que les plus accommodants, c'està-dire, comme je l'entends, non-seulement les plus doctes, mais encore les plus sages des protestants ne les nient pas; comme je crois en efTet l'avoir remarqué dans votre savant Calixte et dans ses disciples. Mais je dois vous faire observer que le concile de Trente reconnaît la règle de la perpétuité, lorsqu'il déclare qu'il n'en a point d'autre, que « ce qui est contenu dans l'Ecriture sainte, ou » dans les traditions non écrites, qui , reçues par 1) les apôtres de la bouche de Jésus-Christ, ou dic- )) tées aux mêmes apôtres par le Saint-Esprit, sont » venues à nous comme de main en main'. »
Il faut donc, ]\Ionsieur, tenir pour certain que nous n'admettons aucune nouvelle révélation ,■ et que c'est la foi expresse du concile de Trente , que toute vérité révélée de Dieu est venue de main en main jusqu'à nous; ce qui aussi a donné lieu à cette expression qui règne dans tout ce concile, que le dogme qu'il établit a toujours été entendu comme il l'expose : Sicut Ecclesia cathoUca sempcr intellexil^. Selon cette règle, on doit tenir pour assuré que les conciles œcuméniques, lorsqu'ils décident quelque vérité , ne proposent point de nouveaux dogmes, mais ne font que déclarer ceux qui ont toujours été crus, et les expliquer seulement en termes plus clairs et plus précis.
Quant à la demande que vous me faites : « S'il » faut, avec Grégoire de Valence, réduire la certi- » tude de la décision à ce que prononce le pape, » ou avec ou sans le concile; » elle me parait assez inutile. On sait ce qu'a écrit sur ce sujet le cardinal du Perron, dont l'autorité est de beaucoup supérieure à celle de ce célèbre jésuite : et pour ne point rapporter des autorités particulières, on voit en cette matière ce qu'enseigne et ce que pratique , môme de nos jours, et encore tout récemment, l'Eglise de France.
Nous donnerons donc pour règle infaillible, et certainement reconnue par les catholiques , des vérités de foi, le consentement unanime et perpétuel de toute l'Eglise, soit assemblée en concile, soit dispersée par toute la terre, et toujours enseignée par le même Saint-Esprit. Si c'est là, pour me servir de vos expressions, ce qui est le plus agréable aux protestants; bien éloignés de les détourner