‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 61 sur 631 · Conradi , etc., p. 25. — 2. Luth. cont. Latom · texte numérisé non relu

Conradi , etc., p. 25. — 2. Luth. cont. Latom

» grand objet n'est que folie; et tout ce que nous » en pouvons dire est insipide' : » ce qui lui fait regarder les expressions qu'on ajoute à l'Ecriture, « comme étrangères, et comme une source de querelles et de disputes. » C'est encore ce que nous disent les sociniens sur le terme de consubstantiel et sur celui de Trinité, bien qu'ils soient consacrés depuis tant de siècles par l'usage de tout ce qu'il y a eu de chrétiens ; en quoi ils suivent encore l'exemple de Luther, qui « ne trouve rien de plus froid » que ce petit mot Trinité, qu'aussi on ne lit point » dans l'Ecriture^. » C'était donc l'esprit de la Rél'orme, dés sa première origine, d'ôter à l'Eglise toutes les interprétations qu'elle ajoutait à l'Ecriture, quelque nécessaires qu'elles fussent, et de rompre toutes les barrières qu'elle avait mises entre elle et les hérétiques.

Conformément à cette doctrine de Luther et de Calvin, Zanchius, un des principaux réformateurs, donne pour règle qu'il « n'est pas permis d'interpré- » 1er l'Ecriture par d'autres termes que ceux dont » elle se sert, et qu'en avoir usé autrement a été la » cause de tous les maux de l'Eglise^ : » se servir de phrases humaines, c'est donner lieu selon lui à des sentiments humains \ Cet auteur, sans contestalion un des premiers de la Réforme , ne se contente pas de poser le même fondement que Strimésius et les autres que nous avons cités; mais il en lire les mêmes conséquences en faveur des sociniens, puisque dans sa Lettre à Grindal, archevêque d'Yorck, qu'il fait servir de préface au livre qu'il lui dédie sur la Trinité , il parle des sociniens en ces termes : « Quelques-uns d'eux sont tombés » dans ce sentiment, non pas de bon cœur, mais » par quelque sorte de religion , à cause qu'ils » craignent que s'ils confessaient et adoraient Jésus- » Christ comme vrai Dieu éternel , ils ne fussent » blasphémateurs et idolâtres. Il faut avoir quelque » égard pour des gens de cette sorte, puisque Jésus- » Christ est venu au monde pour eux, lui qui n'y » est point venu pour les réprouvés^. » Voilà donc manifestement, selon cet auteur, ceux qui ne veulent ni croire ni adorer Jésus-Christ comme vrai Dieu éternel , exclus du nombre des réprouvés. Ils n'ont qu'à dire ce qu'ils disent tous, que c'est par crainte de blasphémer et d'idolâtrer : Zanchius les sauve; et tous nos docteurs allemands n'ont fait que le copier, comme on a vu.

Il est donc, encore une fois, plus clair que le jour, qu'en rejetant l'autorité et l'infaillibilité de l'Eglise, la Réforme a posé le fondement de l'indifférence des religions : de sorte que les protestants, qui entrent aujourd'hui en foule dans ce sentiment, ne font que suivre les pas des réformateurs et prendre le vrai esprit de la Réforme.

CI.X. Témoignage de Chillingworlh , célèbre protestant anglais, en faveur de l'indifférence. — M. Jurieu ne veut pas croire que les protestants d'Angleterre soient favorables à cette doctrine. Outre les preuves qu'on a tirées de l'aveu de ce ministre , j'ai pris soin de faire traduire fidèlement de l'anglais le témoignage d'un des plus célèbres auteurs de l'Eglise anglicane , dont le livre intitulé :

1. Instit., lib. I, c. 13, n. 3. — 2. Postilla mnj. doin. Trin. —

3. Zanch; t. VIII, tract, de scrip., guœst. 12, c. 2, reg. 7. —

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