‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 601 sur 631 · Ujii^t. ;>»'0 Nicen. Syn. derri't · texte numérisé non relu

Ujii^t. ;>»'0 Nicen. Syn. derri't

sur cette matière , il semble que ce serait à nous de le faire, avec bien plus de raison que les Grecs n'en avaient de censurer les Latins , jiour avoir ajouté leur Filioquc dans le Symbole.

LX. Mais comme nous sommes |)lus modérés, au lieu d'imiter ceux qui portent tout aux extrémités, nous les biilmons; et par conséquent nous sommes en droit de demander, comme vous faites enfin vous-même , § 21 , « pourquoi le concile de Trente » n'a pas laissé sur ce point la môme liberté que » l'on avait autrefois, et pourquoi il a défendu, » sous peine d'analhème, de recevoir un autre ca- » non que celui qu'il propose'. » Nous pourrions môme demander comment cette assemblée a osé condamner k doctrine constante de l'antiquité chrétienne. Mais voyons ce que vous direz au moins à votre propre demande.

LXI. La réponse est, § 21 , que l'Eglise romaine, avec tout l'Occident, était en possession du canon approuvé à Trente, depuis douze cents ans, et môme depuis l'origine du christianisme, et ne devait point se laisser troubler dans sa possession , sans se maintenir par des anathèmes. Il n'y aurait rien à répliquer à cette réponse , si cette môme Eglise avait été depuis tant de temps en possession de ce canon , comme certain et de foi; mais c'était tout le contraire : et si , selon votre propre sentiment, l'Eglise était autrefois en liberté là-dessus, comme en effet rien ne lui avait encore fait perdre cette liberté ; les protestants étaient en droit de s'y maintenir avec l'Eglise, et d'interrompre une manière d'usurpation contraire , qui enfin pouvait dégénérer en servitude, et faire oublier l'ancienne doctrine, comme il n'est arrivé que trop. Mais, qui plus est, il y avait non-seulement une faculté libre, mais môme une obligation ou nécessité de séparer les livres ecclésiastiques des livres divinement inspirés : et ce que les protestants faisaient, n'était pas seulement pour maintenir la liberté et le droit de faire une distinction juste et légitime entre ces livres; mais encore pour maintenir ce qui est du devoir, et pour empêcher une confusion illégitime.

LXII. Mais vous ajoutez , § 22, qu'il n'est rien arrivé ici que ce que l'on a vu arriver à toutes les autres vérités, qui est d'être déclarées plus expressément, plus authentiquement, plus fortement par le jugement de l'Eglise catholique, lorsqu'elles ont été plus ouvertement et plus opiniâtrement contredites. Mais les protestants ont-ils marqué leur sentiment plus ouvertement, ou plutôt est-il possible de le marquer plus ouvertement et plus fortement que de la manière que l'ont fait saint Mélilon, évoque de Sardes , et Origène, et Eusèbe , qui rapporte et approuve les autorités de ces deux; et saint Athanase, et saint Cyrille de Jérusalem, et saint Epiphane, et saint Chrysostome, et le synode de : Laodicée, et Amphilochius, et Ru fin , et saint Jérôme , qui a mis un gardien ou suisse armé d'un casque à la tête des livres canoniques; c'est son Prologus Galealus, k qui il dit avoir donné ce nom exijrôs pour empêcher les livres apocryphes et les ecclésiastiques de se fourrer parmi eux : et après cela, est-il possible d'accuser les protestants d'opiniâtreté? Ou plutôt est-il possible de ne pas accuser (l'opiniAtreté et de quel(]ue chose de pis ceux qui, à

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