Eus., Ilist. eccl., lib. iv, cap. v
'2. Ces vers ue sont point do TertuUien, mais d'un écrivain bien inférieur îi ce grand génie. Voyez les Remarques de Rigault. [Edil. d:! Devons )
ET LES PROTESTANTS D'ALLEMAGNE
cilc, comme les pruleslants foiU souvent aussi, le livre de Judith, de même que le livre du Pasteur. Les évoques assemblés à Laodicée ne se seraient jamais écartés du sentiment de ce grand concile; et, s'ils avaient osé le faire, jamais leur canon n'aurait été reçu dans le code des canons de l'Eglise universelle. Mais cela se confirme encore davantage par les témoignages de saint Athanase , le meilleur témoin sans doute qu'on puisse nommer à l'égard de ce temps-là.
LXXIV. Il y a dans ses œuvres une synopse ou abrégé de la sainte Ecriture , qui ne nomme aussi que vingt-deux livres canoniques du Vieux Testament : mais l'auteur de cet ouvrage n'étant pas trop assuré, il nous peut suffire d'y ajouter le fragment d'une lettre-circulaire aux Eglises , qui est sans doute de saint Athanase, oii il a le même catalogue que celui de la synopse, qu'il obsigne, s'il m'est permis de me servir de ce terme, par ces mots : N'emo his addai, nec his auferat quicquam. Et que cette opinion était également des orthodoxes ou homoousiens, et de ceux qu'on ne croyait pas être de ce nombre , cela parait par Eusèbe , dans l'endroit cité ci-dessus de son Histoire ecclésiastique, où il rapporte et approuve les autorités des plus anciens.
LXXV. Ceux qui sont venus bientôt après, ont dit uniformément et unanimement la même chose. L'ouvrage catéchétique de saint Cyrille de Jérusalem a toujours passé pour très-considérable. Or il spécifie justement les mêmes livres que nous, et ajoute qu'on doit lire les divines Ecritures, savoir, les vingt-deux livres du Vieux Testament, que les soixante et douze interprètes ont traduits.
LXXVL On a déjà cité' un distique tiré du poème que saint Grégoire de Nazianze a l'ait exprès sur le dénombrement des véritables livres de l'Ecriture divinement inspirée : TtEp'i tSIv yvfia'am BiêXi'tov t^ç OsoTtvEuçou Yp5!'fîiç. Ce dénombrement ne rapporte que les livres que les protestants reconnaissent, et dit expressément qu'ils sont au nombre de vingtdeux.
LXXVIL Saint Amphiloche, évéque d'Iconie, était du même temps et de pareille autorité. Il a aussi fait des vers , mais 'iambiques , sur le même sujet, adressés à Séleucus. Outre qu'il nomme les mêmes livres, il parle encore fort distinctement de la dilïérence des livres qu'on faisait passer sous le nom de la sainte Ecriture. Il dit qu'il y en a d'adultérins , qu'on doit éviter et qu'il compare avec de la fausse monnaie; qu'il y en a de moyens Ippào-ouç et comme il dit, approchant de la parole de la vérité, y^Îtovk;, voisins; mais qu'il y en a aussi de divinement inspirés, dont il dit vouloir nommer chacun , pour les discerner des autres.
Ego Tlieopneustos singulos dicam tibi.
Et là-dessus il ne nomme du Vieux Testament, que ceux qui sont reçus par les Hébreux; ce qu'il dit être le plus assuré canon des livres inspirés.
LXXVIII. Saint Epiphane , évêque de Salaminc dans l'ile de Chypre, a fait un livre des poids et des mesures, où il y a encore un dénombrement tout semblable des livres du Vieux Testament, qu'il dit être vingt et deux en nombre; et il pousse la coml>araison avec les lettres de l'alphabet si loin, qu'il