‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 605 sur 631 · Su/T. , 7t. i.yvi · texte numérisé non relu

Su/T. , 7t. i.yvi

dit, que comme il y a des lettres doubles de l'alphabet, il y a aussi des livres de la sainte Ecriture du Vieux Testament, qui sont partagés en d'autres livres. On trouve la même conformité avec le canon des Hébreux dans ses hérésies 5 et 76.

LXXIX. Saint Chrysoslome n'était guère de ses amis : cependant il était du même sentiment; et il dit, dans sa çiualrième homélie sur la Genèse, que « tous les livres divins, Tcaaai àc Oîiot BiêXot, du «■Vieux Testament ont été écrits originairement en » langue hébraïque; et tout le monde, ajoute-t-il, » le confesse avec nous : » marque que c'était le sentiment unanime et incontestable de l'Eglise de ce temps-là.

LXXX. Et afin qu'on ne s'imagine point que c'était seulement le sentiment des Eglises d'Orient, voici un témoignage de saint Hilaire, qui, dans la préface de ses explications des Psaumes, où il parait avoir suivi Origène, comme ailleurs, dit que le Vieux Testament consiste en vingt-deux livres.

LXXXI. Jusqu'ici, c'est-à-dire, jusqu'au commencement du cinquième siècle, pas un auteur d'autorité ne s'est avisé de faire un autre dénombrement. Car bien que saint Cyprien et le concile de Nicée, et quelques autres aient cité quelquesuns des livres ecclésiastiques parmi les livres divins, l'on sait que ces manières de parler confusément, en passant, et in sensu laxiore, sont assez en usage, et ne sauraient être opposées à tant de passages formels et précis , qui distinguent les choses.

LXXXII. Je ne pense pas aussi que personne veuille appuyer sur le passage d'un recueil des coutumes et doctrines de l'ancienne Eglise, fait par un auteur inconnu , sous le nom des Canons des Apôtres , qui met les trois livres des Machabées parmi les livres du Vieux Testament, et les deux Epitres de Clément écrites aux Corinthiens, parmi ceux du ■ Nouveau. Car outre qu'il peut parler largement, on voit qu'il flotte entre deux, comme un homme mal instruit; excluant du canon, Sapientiam erudilissimi Siracidis , qu'il dit être extra hos ; mais dont il recommande la lecture à la jeunesse.

LXXXIII. Voici maintenant le premier auteur connu et d'autorité , qui , traitant expressément cette matière, semble s'éloigner de la doctrine constante que l'Eglise avait eue jusqu'ici sur le canon du Vieux Testament. C'est le pape Innocent I""", qui, répondant à la consultation d'Exupôre, évêque de Toulouse, l'an 405, parait avoir été du sentiment catholique dans le fond : mais son expression équivoque et peu exacte , a contribué à la confusion de quelques autres après lui, et enfin à l'erreur des Latins modernes; tant il est important d'éviter le relâchement, môme dans les manières de parler.

LXXXIV. Ce pape est le premier auteur qui ait nommé canoniques les livres que l'Eglise romaine d'aujourd'hui tient pour divinement inspirés, et que les protestants, comme les anciens, ne tiennent que pour ecclésiastiques. Mais en considérant ses paroles , on voit clairement son but , qui est de faire un canon des livres que l'Eglise reconnaît pour authentiques, et qu'elle fait lire publiquement comme faisant partie de la Bible. Ainsi ce canon devait comprendre tant les livres théopneustes ou divinement inspirés, que les livres ecclésiastiques, pour

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