‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 606 sur 631 · GI'.O · texte numérisé non relu

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riïd.lHT DE REUNION ENTRE LES CATHOLIQUES

les distinguer tous ensemble des livres apocryphes, plus spécialement nommés ainsi; c'est-à-dire, de ceux qui doivent 6tre cachés et défendus comme suspects. Ce hut parait par les paroles expresses , où il dit : Si qua sunl alla, non soiiwi rcpudianda, verilm etiam noveris esse damnanda.

LXXXV. Non-seulement l'appellation de canoniques, mais encore de saintes et divines Ecritures était alors employée abusivement; et c'était l'usage de ces temps-là , de donner dans un excès étrange sur les titres et sur les épithctes. Un évoque était traité de Volrc ^'at«k'((? par ceux qui l'accusaient, et parlaient de le déposer. Un empereur chrétien disait : Noslrum numen, et ne laissait presque rien à Dieu , pas même l'éternité. Il ne faut donc pas s'étonner des termes du concile m de Carlhage, que d'autres croient avoir été le cinquième, ni les prendre à la rigueur, lorsque ce concile dit : Placuit, ut prœter Scripturas canonicas nihil in Ecclesiâ legatur sub nomine divinarum Scripturarurn.

LXAXVIII. Cela fait voir qu'on avait accoutumé déjà d'appeler abusivement du nom d'Ecritures divines tous les livres qui se lisaient dans l'Eglise, parmi lesquels étaient le livre du Pasteur, et je ne sais quelle doctrine des apôtres SiSax-J) xaXou|ji£v/) TÛiv 'AiToçToXwv, dont parle saint Alhanase dans l'Epitre citée ci-dessus : item, les Epitres de saint Clément aux Corinthiens , qu'on lisait dans plusieurs Eglises, et particulièrement dans celle de Corinthe, surtout la première, suivant Eusëbe, et suivant Denis, évèque de Corinthe, chez Eusèbe'. C'est pourquoi elle se trouvait aussi jointe aux livres sacrés dans l'ancien exemplaire de l'Eglise d'Alexandrie, que le patriarche Cyrille Lucaris envoya au roi de la Grande-Bretagne, Charles pf, sur lequel elle a été ressuscitée et publiée.

LXXXIX. Tout cela fait voir qu'on se servait quelquefois de ces termes d'une manière peu exacte; et même Origône compte en quelque endroit le livre du Passeur parmi les livres divins : ce qu'il n'entendait pas sans doute dans le sens excellent et rigoureux. C'est sur le chapitre xvi, verset 14, aux Romains, où il dit : « Je crois que cet Hermas est » l'auteur du livre qu'on appelle le Pasteur, qui » est fort utile, et me semble divinement inspiré. » XC. On peut encore moins nous opposer la liste des livres de l'Ecriture, qu'on dit que le pape Gélase a faite dans un synode romain , au commencement du cinquième siècle, où il en fait aussi le dénombrement d'une manière large, qui comprend les livres ecclésiastiques aussi bien que les livres canoniques par excellence : et l'on voit clairement que ces deux papes, et ces synodes de Carthage et de Rome voulaient nommer tout ce qu'on lisait publiquement dans toute l'Eglise, et tout ce qui passait pour être de la Bible, et qui n'était pas suspect ou apocryphe, pris dans le mauvais sens.

XGI. Cependant il est remarquable que le pape Gélase et son synode, n'ont mis dans leur liste que le premier des Machahées , qu'on sait avoir été toujours plus estimé que l'autre; saint .lérôme ayant remarqué que le style même trahit le second des Machabées et le livre de la Sagesse, et fait connaître qu'ils sont originairement grecs.

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