CXI. Distinction des erreurs fondamentales d'a
1. Rép. à la Préf., n. 26. — 2. Idem , c. 2, n. 17. B. — T. IV.
vec les autres, selon cet auteur : nouvelle démonstration qu'on ne peut éditer l' indifférence que par les principes des catholiques. — Il ne faut pourtant pas dissimuler, qu'en disant que chacun se sauve dans son sentiment, notre auteur y apporte la restriction , « que la différence qui sera entre nous ne » concerne aucune chose nécessaire au salut, et » que nous aimions tellement la vérité, que nous » ayons soin d'en instruire notre conscience , et » que nous la suivions constamment'. » Mais il faut voir quelles sont ces choses nécessaires au salut, et voici comment il les explique. « Touchant la dif- » Acuité de distinguer les erreurs damnables d'a- » vec celles qui ne damnent pas, et les vérités fon- » damentales d'avec celles qui ne sont pas fonda- » mentales, ja réponds que la dispute, qui est » entre les protestants sur cette question , peut être » facilement terminée. Car ou l'erreur dont on parle » est tout à fait involontaire , ou elle est volontaire » à l'égard de sa cause. Si la cause de l'erreur est » quelque faute volontaire et évitable , l'erreur » môme est criminelle, et par conséquent damnable » en elle-même. Mais si je ne suis coupable d'au- » cune faute de cette nature , si j'aime la vérité , » SI JE LA CHERCHE AVEC SOIN , si jc ue prcuds point » conseil de la chair et du sang pour choisir mes » opinions , mais de Dieu seul et de la raison » qu'il m'a donnée; si, dis-je , je suis disposé de » cette sorte, et que cependant, par un etl'et de » l'infirmité humaine , je tombe dans l'erreur, cette » erreur ne peut pas être damnable. » Voilà en termes formels la distinction des erreurs fondamentales et non fondamentales établie , non du coté des objets de la religion, ou sur la nature même de ces erreurs, mais sur la disposition de ceux qui y sont; et ce qui tranche en un mot la question des articles fondamentaux, cet auteur les réduit tous à celui-ci, de croire l'Ecriture et de tâcher de la croire dans son vrai sens- : voilà, dit-il, en un mot le catalogue des articles fondamentaux, et ce qui suffit au, salut de tout homme : où l'on volt une tolérance parfaite, et le salut accordé sur le fondement commun des indifférents, qui est de sauver tous ceux qui se servent de leur raison pour chercher la vérité dans l'Ecriture.
Il n'y a qu'un seul remède à une si dangereuse maladie qui tend manifestement à l'extinction du christianisme et de toute religion : c'est de chercher la vérité non par sa seule raison, mais avec l'Eglise, sous son autorité , sous sa conduite. Car s'il y a au monde un fait constant, c'est que la chercher tout seul, môme dans la sainte Ecriture, par son propre esprit, par son propre raisonnement, et non pas avec le corps et dans l'unité de l'Eglise, c'est la source de tous les schismes et de toutes les hérésies : et s'il y a un moyen solide d'éviter ce mal et toute innovation dans la foi , c'est celui de soumettre, non pas Dieu et son Ecriture, comme on voudrait nous faire accroire que nous le pratiquons , mais son sentiment particulier sur l'intelligence de cette Ecriture à celui de l'Eglise universelle : et s'il y a un besoin pressant que l'expérience nous rende sensible, c'est celui que nous avons d'un tel secours.