‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 70 sur 631 · Ci-dessus, n · texte numérisé non relu

Ci-dessus, n

que de l'autre , il ne voyait point par quel endroit il pouvait les condamner ni les exclure du salut, non plus que les autres sectes du chrislianisme. Alors donc il composa le petit livre De la Foi réduite à ses justes bornes, où il est vrai qu'il donne à pleines voiles dans la tolérance universelle. Le reste de son histoire n'est pas de ce lieu, non plus que le fameux démêlé qu'il eut avec 'M. Jurieu, sur la matière de la grâce. M. Papin suivait la doctrine de son oncle, M. Pajon : et bon protestant qu'il était , il n'avait pas cru que l'autorité du synode d'Anjou fut suffisante pour l'en détourner. En un mot, il donnait tout au raisonnement, et il n'avait rien alors qui put l'empêcher d'ouvrir une vaste carrière à ses sentiments, ni de jouir du charme décevant qui accompagne naturellement cette liberté. Ce qu'il y avait pour lui de plus dangereux, c'est qu'il trouvait les plus beaux esprits de la Réforme, et entre autres M. Burnet, dans la même opinion, comme on le va voir par les extraits de ses Lettres. Il allait donc devant lui dans le chemin de la tolérance, sans que rien le put retenir, jusqu'à ce qu'ayant aperçu que le principe de la Réforme, qui le forçait à tolérer les sociniens, ennemis de la divinité de Jésus- Christ, le poussait encore plus loin, et qu'il fallait nécessairement étendre la tolérance au delà des bornes du christianisme, c'est-à-dire, mettre le salut hors de Jésus-Christ, et tolérer toute religion, ce qui était, à dire le vrai, n'en avoir aucune; à la vue de cet abîme , saisi de frayeur, il fit un pas en arrière. Il se mit à envisager la sainte et inévitable autorité de l'Eglise catholique, il crut, il se convertit : et maintenant il produit les Lettres de M. Burnet, en témoignage aux prolestants que s'il est tombé dans l'erreur de l'indifférence, jusqu'à l'excès qu'on a vu, il y a été conduit par leur principe, et confirmé par l'approbation de leurs plus célèbres docteurs. Il produirait aisément beaucoup d'autres lettres de ses amis, que j'ai vues en original; mais il ne veut point leur faire de peine, ni les exposer à la redoutable colère de M. Jurieu : assuré, comme j'ai dit, que M. Burnet ne le craint pas, et d'ailleurs, ce docteur s'étant déclaré pour la tolérance, aussi hautement qu'on l'a pu voir', ce n'est pas trahir un secret , que d'exposer ses sentiments aux yeux du public. Voici donc ce qu'il a écrit sur le livre De la Foi réduite à ses justes bornes.

De la lettre écrite à La Haye, le 3 septembre 4687.

Enfin je vous souhaite toute sorte de bonheur, mon cher ami. Pourvotre antagoniste (M. Jurieu), je nodoute pas qu'il fera tout ce qu'il pourra pour \ou.s nuire; mais j'espère que ce sera sans effet. J'ai vu le livret dont vous parlez [La Foi réduite à ses justes bornes) , et je demeure d'accord, pour le gros, qiioiiiu'il y a quelque chose que peut-être j'aïaais rayé, si on m'avait consulté avant l'impression; car il faut thiter de donner des prises à ceux qui les cherchent. Encore une fois, je vous souhaite un bon voyage , et toutes sortes de prospérités, et m'assure que vous vous souviendrez quelquefois de celui qui est, sans cérémonie et avec beaucoup de sincérité , Tout à vous, G. Burnet.

M. Papin lui ayant envoyé le discours de Strimésius, si déclaré pour l'indilTérence, comme on l'a pu voir ci-dessus, M. Burnet lui lit cette réponse :

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