Ibid., n. 4,p.53ù
Ilti
SECONDK INSTltUCTlON l'A^TnHALK
(uus, ([ui enseignez, ijui uduiiiiistrez les sacrements, et qui guuvernez par ce moyen le peuple fidèle : Je suis avec mus, et votre ministère subsistera : Je suis acec vous, et je bénirai ce ministère : il sera saint et fructueux, et ne cessera jamais de l'être, parce que je promets, moi qui peux tout, et ma promesse immuable sera tout ensemidc l'objet et le soutien de la foi.
Ne croyez donc pas qu'il ne promette que l'extérieur du ministère : c'est bien ce qu'il exprime nommément dans sa promesse ; mais l'elTel intérieur, les grâces intérieures y sont attachées et renfermées , parce que Jésus-Christ est toujours présent pour donner elTicace à sa parole et à ses sacrements, comme il sera plus amplement expliqué en son lieu.
VIII. Suite de chicanes : comparaison du ministre entre les promesses faites à l'Eglise et celles qui sont faites aux particuliers. — Le ministre poursuit en cette sorte : « Jésus-Christ, le meilleur » de tous les interprètes, a fait la même promesse » aux laïques (qu'aux pasteurs) , en leur disant " qu'ils demeureront en lui, et lui en eux. L'union )) est intime , réciproque , et marque une durée » éternelle. Cependant quoique Jésus- Christ ait » promis aux fidèles une union éternelle, M. de » Meaux ne voudrait pas soutenir que les laïques » auront toujours une lumière éclatante, et une » connaissance pure de la vérité : et lui qui nous 1) fait un si grand crime de la justice inamissible, » et de la persévérance des saints, devrait avoir » conclu, que si Dieu, malgré sa promesse de de- » meurer dans les saints , les laisse tomber dans le » crime, et du crime sous la puissance du démon, » il peut aussi laisser son Eglise dans l'erreur et le » vice, malgré celte parole : Je suis avec vous'. »
IX. Réponse où l'on fait voir que le tninistre ne veut qu'embrouiller les questions : son aveu sur l'impiété de la justice inamissible dans la nouvelle Réforme. — Il ne faudrait point môlcr tant de choses, si l'on voulait éclaircir , plutôt qu'embrouiller la question. Surtout il ne faudrait point confondre ensemble la doctrine de Vinamissibilité de la justice acec celle de la perséxérance des saints, ni avancer, ce qui n'est pas, que je fais un crime de l'une comme de l'autre. La doctrine de la persévérance n'a jamais été révoquée en doute : celle de l'inamissibililé de la justice est particulière aux calvinistes; et par le peu qu'en dit notre ministre, on doit sentir qu'elle est impie. « L'union , dit-iP, que ') Jésus-Christ promet aux laïques est intime, réci- .) proque, et d'une éternelle durée; néanmoins )> malgré sa promesse de demeurer dans les saints, » il les laisse tomber dans le crime, et sous la » puissance du démon; ainsi le laïque en qui Jé- " sus-Christ demeure, avec qui son union est in- » time, réciproque, et d'une éternelle durée, » est en môme temps dans le crime, et sous la puissance de l'enfer. En faudrait-il davantage pour quitter une religion, où l'on enseigne des absurdités, disons, des impiétés si manifestes?
X. Etrange aceu du ministre, que l'Eglise peut être lirrée à la puissance de l'enfer, pendant que Jésus-Christ est accc elle. — I/application de l'auteur aux |)romessos faites à l'Eglise n'est pas moins