‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 9 sur 631 · p. 269. —2. p. 257. —3. P. 258,261. — 4. Pag · texte numérisé non relu

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ce (|ui reçoit tous ces changements ne soit pas muable. La foi épure nos idées ; la foi nous apprend à éloigner de la génération du Verbe tout ce qu'il y a de bas et de corporel dans les générations vulgaires . la foi nous apprend à dire que si, par la faiblesse du langage humain, on est contraint quelquefois de se servir d'expressions peu proportionnées à la grandeur du sujet , c'est une erreur de les prendre au pied de la lettre. Puisque M. Jurieu ne veut pas suivre ces belles lumières, son sang est sur lui , el son crime est inexcusable.

XXII. Que les erreurs que le ministre attribue aux Pères ne sont pas des conséquences qu'il tire de leur doctrine, mais letirs propres positions , selon lui-même. — Il ne fallait non plus nous objecter que nous harcelons la Ihéolmjie des Pères, et que toutes ces difficultés que nous faisons, n'en sont que des conséquences qu'ils n'ont pas vues, et qu'ils auraient niées'. Car il s'agit de savoir, non pas si nous tirons bien les conséquences de la doctrine des Pères, mais si les Pères ont pu dire au sens littéral , comme veut M. Jurieu , que Dieu se développât et s'étendit, sans en faire formellement un corps, et qu'il devint au dedans ce qu'un peu auparavant il n'était pas , sans le faire formellement changeant et muable. Le ministre , qui semble ici vouloir le nier, nous a déclaré tant de fois que les anciens faisaient Dieu muable et divisible qu'il ne peut plus s'excuser que par un exprès désaveu de ses sentiments. Ce ne sont donc pas ici des conséquences, el ce n'est pas moi qui harcelle la théologie des anciens; c'est lui qui la fait absurde el impie.

XXIII. Que les enveloppements et démloppements que le ministre attribue aux Pères , ne se trouvent point dans leurs écrits. — Au reste , à entendre le ministre, on pourrait penser que ces enveloppements et ces développements, celte conception, ce sein paternel où le Verbe est renfermé pendant une éternité comme un enfant, et les autres expressions semblables, se trouvent à toutes les pages dans les écrits des anciens. Mais, mes frères, il ne faut pas vous laisser plus longtemps dans celte erreur. Je réponds à votre ministre selon ses pensées : mais dans le fond il faut vous dire que ces enveloppements el ces développements, qui font tant de bruit dans son Système , sont termes qu'il prête aux Pères; el vous verrez bientôt que leurs expressions, prises dans leur sens naturel, ne portent pas dans l'esprit les basses idées que le ministre veut y trouver. Pour ce qui est de la conception , et de ces entrailles d'où le Verbe se doit éclore, on les tire d'un seul petit mot de Terlullien, à qui vous verrez aussi qu'on en fait beaucoup accroire; et vous serez étonnés qu'on attribue aux trois premiers siècles, non par conséquence, mais directement, des absurdités si étranges sur un fondement si léger.

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