‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 94 sur 631 · Inst.. ». 12, etc · texte numérisé non relu

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question, cl ensuite n'étourdir le monde ni des Chinois, ni des Grecs, ni de Claude de Turin, ni de la morale sévère , ni de la morale rehlchée , ni des maximes du clergé de France, ni des jansénistes, ni des quiétistes, ni du cardinal Sfondrale el de ses nouveautés sur le iiéché originel, ou sur les autres matières semblables, ni même des albigeois ni des vaudois, que la Réforme confesse elle-même, comme on vient de voir, qu'elle ne connaissait pas quand elle est venue, et qui d'ailleurs ne se trouvaient pas moins embarrassés que vous à nommer leurs prédécesseurs. Il fallait donc, ou nommer la suite des vôtres sans interruption, ce que vous n'entreprenez seulement pas; ou, pour convaincre par un fait certain l'Eglise romaine de rupture avec ses auteurs, y marquer dans sa suite un point fixe et déterminé où l'on se soit vu contraint, pour soutenir sa doctrine, de renoncera la leur. Voilà, dis-je , précisément ce qu'il fallait avoir prouvé : sinon l'on dispute en l'air, et l'Eglise subsiste toujours , sans pouvoir être troublée dans son état.

LXXXI. Le ministre convient du fait qu'il fallait prouver contre l'Eglise romaine, et il fait semblant de le tenter. — Votre ministre a senti ce qui manquait à sa preuve; et je vous prie, mes chers frères, de bien entendre ses paroles, qui vous mettront dans la voie de votre salut, si vous les voulez comprendre; les voici de mol à mol.

« M. de Meaux soutient mal à propos qu'on ne j> peut marquer à la vraie Eglise, c'est-à-dire à » l'Eglise romaine, son commencement par aucun » fait positif, qu'en rcraontanl aux apôtres, à saint » Pierre et à Jésus-Christ; el si cela était vrai , il » aurait raison'. » Pesez bien, encore une fois, que s'il y a une Eglise à laquelle on ne puisse montrer son innovation par aucun fait positif, ce sera la véritable Eglise. Le ministre en est convenu , et il ne se sauve qu'en niant que cet avantage appartienne à l'Eglise catholique; il se sent donc obligé à donner des dates précices de chaque dogme de l'Eglise. 8 Oui, poursuit-il, on marque précisément les in- » novations , le commencement cl le progrès des » erreurs, des faux cultes el de l'idolâtrie par la- » quelle l'Eglise romaine se distingue de la Ré- » forme. » Si c'était assez de le dire , il serait trop aisé de gagner sa cause : mais ouvrez son livre , lisez la page citée , où il promet d'établir ces dates; considérez le texte el la marge; ni dans le texte ni dans la marge vous ne trouverez aucune preuve, je ne dis pas établie, mais indiquée. Il confond le vrai, le faux, le douteux, ce qui est de foi et de discipline, c'est-à-dire, ce qui peut changer et ce qui est invariable; et au lieu de montrer la rupture qu'il pose en fait, sans raisonner il suppose que nous avons tort. Est-ce ainsi qu'on établit les faits comme constants, comme positifs, comme avérés? Il sent donc qu'il n'a rien à dire, puisque entreprenant de marquer ces faits, il demeure court dans la preuve. Lisez vous-mêmes, et jugez.

LXXXII. On examine ce que dit le ministre sur le fait de Pascliase Radhert. — Le fait qu'il articule le plus nettement, c'est la prétendue innovalion de Paschase Radberl. « On montre, dil-iP, le B point (ixe où une parcelle se séparait de la tige » sur l'Eucharistie, lorsque Paschase était presque

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